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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
gravure nous présente une Parisienne dans cettetenue de la première heure ; le premier fichu blancvenu lui tient lieu de coiffe, les cheveux errent àl’aventure et le chignon reste invisible ; camisoleblanche serrée à la taille et jupon rayé, bas à coins,mules de maroquin vert : ainsi costumée, la belle s’enallait chercher sa provision au marché le plus proche ;point de panier, mais un mouchoir blanc à la mainpour recevoir les œufs, les fleurs et les fruits. Aveccette grosse emplette on la voit revenir gaiement,tenant d’une main le petit paquet et de l’autre le ju-pon, relevé très haut jusqu’au genou afin de laisservoir la chemise blanche et le mollet bien placé en-fermé dans un tricot immaculé.
Pour la promenade matinale, les belles Pari-siennes, afin de mieux se livrer aux caresses du zé-phyr, dépouillaient tout ornement superflu; une robemince dessine les formes, un schall de linon jaunecitron ou rose pâle tient lieu de fichu ; sur la tête unsimple béguin, dont la dentelle s’échappe sous unegaze ornée de paillette ; aux pieds des petits co-thurnes rouges, dont les rubans de même couleurs’enroulent autour de la jambe : tel était le costumedans lequel les grâces assistaient, déjà sur le tard,au lever du soleil.
Dans le jour on ne voyait que chemises a laprê-tresse, robes de linon Coupées sur patron antique,robes à la Diane , à la Minerve, à la Galatée, à la