NYMPHES ET MERVEILLEUSES. 37
la femme de Philippe de Commines ; hier, leurs sou-liers élégants étaient chargés de rosettes et fixés auhas de la jambe avec un ruban artistement noué;aujourd’hui, une grande boucle figurée en paillettesleur couvre presque entièrement le pied et ne laisseapercevoir que le bout d’un léger bouquet dont labroderie vient finir sur la petite pointe du soulier.Et que l’on ne croie pas que ce soit ici la caricature.de nos illustres; à peine est-ce une légère esquissede leurs folies, de leurs changements variés à l’in-fini 1 . »
Les merveilleuses survécurent de deux ans auxincroyables; M mc Tallien, cette éventée qui les per-sonnifia si gracieusement, nous donne un modèle dela dernière heure; elle vint chez Barras à la finde 1798 avec une robe de mousseline très ample,tombant en larges plis autour d’elle et faite sur lemodèle d’une tunique de statue grecque ; les man-ches étaient rattachées sur le bras par des boutonsen camées antiques; sur les épaules, à la.ceinture,d’autres camées servaient d’attache; pas de gants;à l’un des bras, un serpent d’or émaillé dont la têteétait une émeraude.
Les bijoux sé portaient en nombre aux bras, auxdoigts, au cou, en bandeaux, en aigrettes sur tur-bans; on ne peut se faire une idée de la quantitéinnombrable de diamants alors en circulation; les
I. Mercier, Nouveau Tableau de Paris, chap. xciv. Caricatures folies.
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