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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
sciences, elle n’a jamais manqué une ascensionaérienne. D’ailleurs, Zélis a des gens qu’elle querelle,des protégés qu’elle met en vogue, des créanciersqu’elle ne paye point, un mari qu’elle fait attendre,des bijoux et des amants qu’elle change à volonté. »
Ce croquis à la La Bruyère est piquant et fortressemblant ; les belles de l’an VIII ne courent plusaprès le sentiment et ne visent pas à l’esprit; ellesspéculent pour plaire ; on ne s’inquiète aucunementde leurs talents ou de leurs mœurs, mais tout unique-ment de leurs bonnes grâces et de leur tournure ;ayant épuisé toutes les ressources de l’art, ellesn’essayent plus que le pouvoir de la nature et ellesmontrent tout depuis qu’elles n’ont plus rien à ca-cher. Grâce aux nudités, remarquaient alors les ob-servateurs de la femme, les formes ont acquis un sigrand développement qu’il y a bien du malheur sipar l’ensemble on ne sauve pas les critiques du dé-tail ; celles qui n’ont pas de figure ont une si bellegorge ! celles qui n’ont pas de gorge ont de si beauxbras ! celles qui n’ont ni bras ni gorge ont de sibelles hanches, un visage si parfait, une nuque sitentante! tout est jeunesse en 1800 ... tout depuisseize jusqu’à soixante.
Le travestissement fît fureur un instant parmices déesses qui rêvaient les apparences troublantesdes Androgynes ; la manie de porter culotte se gé-néralisa dans le monde des excentriques. Quelques