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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
régnant, et où chaque année l’on avait juré consti-tutionnellement la haine des rois.
« Il fallait rétablir les dignités, les titres, lesdécorations, au milieu d’un peuple qui combattaitet triomphait depuis plus de quinze ans pour lesproscrire. Cependant Napoléon, qui avait l’art et lepouvoir de vouloir juste et à propos, enleva dehaute lutte ces difficultés. On le fit Empereur, ilcréa des grands et se composa une cour ; bientôt lavictoire sembla prendre le soin elle-même d’affer-mir et d’illustrer subitement ce nouvel ordre dechoses. Toute l’Europe le reconnut, et il fut mêmeun moment où l’on eût dit que toutes les Cours ducontinent étaient accourues à Paris pour composercelle des Tuileries, qui devint la plus brillante etla plus nombreuse que l’on eut jamais vue. Elleeut des cercles, des ballets, des spectacles; on yétala une magnificence et une grandeur extraordi-naires. La seule personne du souverain conservatoujours une extrême simplicité, qui servait mêmeà le faire reconnaître. C’est que ce Luxe, ce fastequ’il encourageait autour de lui, était, disait-il,dans ses combinaisons, non dans ses goûts ; cessplendeurs étaient calculées pour exciter et payernos manufactures et notre industrie nationales. Lescérémonies et les fêtes du mariage de l’Impératrice,ainsi que celles du baptême du roi de Rome, ontlaissé bien loin derrière tout ce qui les a devancées