LES COQUETTES DU PREMIER EMPIRE. 103
pectif, que les cheveux bouclés artistement, ou à laNinon, mais sans ornement, qui constituaient autre-fois le négligé, sont devenus le Nec plus ultra de laparure. Les plumes, qui étaient le symbole de l’éclat,du grand costume, de la cérémonie, ne sont guèreadmises que dans le plus grand négligé. La modene les tolère que sur un chapeau du matin, tombantavec abandon, flottant avec légèreté. Elles ne sontni assez sévères ni assez pompeuses pour un habitd’étiquette ou de grand apparat. Les manches desrobes se font bouffantes ; elles figurent l’embonpoint,qui est la beauté de la ligne du bras. Un capricede la vogue inconstante, qui n’admettait pas quel-ques années auparavant les plis inégaux, a régléque les manches d’une élégante seraient plisséescomme le jabot d’un petit-maître. On ne doit plusdire en 1808, remarque un observateur : « commeje suis bien mise », ou encore : « comme madameune telle est bien habillée », mais seulement sou-pirer : Comme je suis bien clrapèe!... Dieu! quemadame X... se dessine bien !
On commence à proclamer que plus une femmeest jolie, moins elle a besoin d’ornements, que samise doit être simple, quoique élégante, et que laperfection de la parure consiste dans la sobriété despassementeries, dans le goût et la grâce et non pasdans la singularité de la mise, dans la nouveauté descostumes, dans la richesse des étoffes ni enfin dans