LES COQUETTES DU PREMIER ËMPIRE. 109
robes, et même s’utilisèrent dans la décorationmobilière. Ces schalls d’Orient apportaient la cou-leur et un chatoyant effet de draperie dans les spec-tacles lorsqu’ils tombaient avec négligence sur ledevant d’une loge; les élégantes gracieuses en ti-raient tous les partis possibles, soit dans la danseantique, soit à la promenade ou au sortir du théâtre;elles le drapaient sur la tête, le roulaient sur lesseins, en comprimant d’un délicienx mouvement demains leur gorge.frileuse.
Le schall de kachemire jouait un rôle considé-rable dans la haute et riche société parisienne.
« C’est sur le point de la parure et des modesque les Françaises sont sujettes à faillir et perdenttout ce que leur caractère a d’intéressant, tout ceque leur conduite a de respectable, écrivait LadyMorgan dans son livre sur la France. C’est là quefinit l’économie et que commence une extravagancequi ne connaît point de bornes. Le mérite du divinkachemire et du joli mouchoir de poche brodé suc-cède en un instant aux discussions financières etaux arguments politiques : — « Et combien de« kachemires avez-vous, ma chère? » est une ques-tion que les belles pupilles de ces grands vizirs defemmes d’Etat, MM. de Chateaubriand et Fiévée,font avec le plus d’importance et traitent avec plusde gravité que s’il s’agissait des nouveaux traitéspolitiques de leurs maîtres.
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