I 3 0 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,
des chambrées de ténor au Palais législatif, grâce àson éloquence facile et spirituelle et à la beauté deson organe ; la très charmante princesse de Bagrationguidait toute une petite cour d’amies exubérantesdans le dédale touffu de sa politique.
Dans cette nouvelle société d’une politesse affi-née et d’un esprit chevaleresque, l’intelligence hu-maine surtout respirait largement, les questionsde littérature et d’art primaient toutes choses etpassionnaient leè Académies et les salons. — Dansle milieu de M m0 de Duras, qui était revenue enFrance pour faire l’éducation de ses deux fillesFélicie et Clara, tous les jeunes poètes et romanciersde la nouvelle génération étaient accueillis avec unegrande cordialité, qui les mettait à l’aise, et aveccette noblesse de caractère qui formait la caracté-ristique de cette femme supérieure. Ce fut l’auteurà'Edouard et d 'Ourika qui prit Chateaubriand soussa protection et lui fit accorder, par l’entremise deM. de Blacas, l’ambassade de Suède. M mc Récamier,de retour d’Italie, s’était également réinstallée àParis au début de la Restauration et ouvrait ou plu-tôt entr’ouvrait son salon de la rue du Mont-Blanc.
Parmi les maisons les plus fréquentées, on citaitcelle de M mo Ripert, dont le mari était, en compagniede Michaud, le rédacteur de la Quotidienne. Lasociété royaliste la plus outrée se donnait rendez-vous chez M mo Ripert, femme enthousiaste, mobile,