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LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
tout un mobilier qui repousse l’idée d’une fortunenouvelle; un grand feu sous une vaste cheminée, descandélabres à sept branches, point de lampes. — Devieux serviteurs en livrée introduisent les invités,tous hommes de politesse scrupuleuse et de grandeaffabilité. Dans les salons, on a disposé trois bos-tons, un piquet, une table d’écarté pour les jeunesgens de la maison. Les personnes âgées causerontprés de l’âtre, sur l’indemnité des émigrés, surM. de Yillèle et son trois pour cent, sur le généralFov et l’empereur Alexandre, sur Bonaparte, Sainte-Hélène et les Bourbons, sur M. de Chateaubriand etBenjamin Constant; en un mot, sur quantité dequestions à l’ordre du jour.
Dans les salons de la petite bourgeoisie, on seréunit sans façons, on sert le thé et les meringues àla crème et l’on se groupe autour d’une vaste tablepour jouer au Schniff, au Chat qui dort, au trottain,à la peur, à l’as qui court et autres petits jeuxqu’égayent les lazzis des compères.
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Le luxe dans les appartements commençait à segénéraliser vers 1820 ; les salles à manger les plusriches étaient revêtues de marbre, d’autres de stuc,avec des attributs mythologiques où Cérès et Po-mone se disputaient les dessus de portes. —■ Aumilieu, une table d’acajou massif, quelques buffets