158 LA FRANÇAISE DU SIÈCLE,
pecte, la femme qui tient tant soit peu à sa réputa-tion, quitte Paris, va à la campagne et n’en revientplus belle et plus fraîche que jamais qu’au commen-cement de l’hiver. »
Comme on le voit, ce petit croquis est bien vagueet vaporeux ; M mo Eugénie Foa ne le fixa par aucuntrait définitif, et il nous reste à le reprendre et à ledévelopper pour mieux pénétrer dans l’accent et lacouleur locale même du moment.
La femme à la mode en 1830 est une de cesfemmes de trente ans, chantées par Balzac et dontla beauté rayonne de tout l’éclat de son été parfumé.De nature froide en apparence et uniquement amou-reuse de soi-même, elle veut se réchauffer aux hom-mages du monde, et elle dresse ses vanités en espa-lier, afin de recevoir de toutes parts les caressesenivrantes du faux soleil de la flatterie; ce qu’ellecherche, ce sont des émotions et des jouissances decoquette. Pour conserver cette place de femme à lamode dans un temps où la gloire est si capricieuse,il lui a fallu autant d’habileté que de bonheur, au-tant d’adresse que de beauté, autant de calculs quede chances favorables ; elle a dû faire abstractionde ses caprices, de ses fantaisies, presque de soncœur. Pour maintenir ce pouvoir envié et attaquéde femme à la mode et qui est chaque jour remis en