XIV
vraient de vêtements d’herbe; les serpents et les bêtes étaient en grandnombre, les eaux débordées n’étant point encore rentrées; les hommes étaienttrès malheureux. Ils se couvrirent ensuite de peaux de bêtes pour se pré-server du froid et des vents, et ils furent nommés : « hommes habillés de peaux.'»Les animaux armés d’ongles, de dents, de cornes et de venin, attaquaientles hommes qui ne pouvaient leur résister, ce qui les porta à se retirerdans des maisons de bois pour se préserver des bêtes féroces, après s’êtreperchés sur des arbres, ou enfoncés dans des cavernes. On attribue au pre-mier empereur de la neuvième période, nommé Tsang-Kie, l’invention despremiers caractères chinois; les premières lois parurent sous son règne, etle premier gouvernement régulier fut établi. Au septième empereur de cettedynastie sont attribués : l’invention des chars, les monnaies de cuivre, l’usagede la balance pour juger du poids des choses. Sous le règne du douzième,on coupait les branches d’arbres pour tuer les bêtes. Il y avait alors peud’hommes, on ne voyait que de vastes forêts, et les bois étaient pleins debêtes sauvages. Sous le quatorzième empereur, les vents furent grands etles saisons tout à fait dérangées; c’est pourquoi le souverain donna ordreà Sse-Kouki de faire une guitare à cinq cordes pour remédier au dérange-ment de l’univers, et pour conserver tout ce qui a vie. Cependant au tempsdu quinzième empereur, les eaux ne s’écoulant pas, et les fleuves ne sui-vant pas leur cours ordinaire, on vit naître une quantité de maladies; cetempereur institua alors les danses nommées ta-vou; ce dernier exercice étaitun précepte hygiénique, si réellement efficace que sous le seizième empe-reur le monde se trouva en quelque sorte repeuplé, et que, partout, cl’unlieu à l’autre, on entendait le chant des coqs et la voix des chiens; leshommes vivaient jusqu’à une extrême vieillesse, sans avoir grand commerceles uns avec les autres.
Puis ce fut Fou-hi, compris dans cette même neuvième période. Lepremier il créa des ministres d’Etat institués sous le nom de Dragons,emblème de la force nécessaire pour pouvoir gouverner les peuples, et quitrouve sa plus haute expression dans l’Empereur, le plus puissant des dra-gons, faisant des autres les ministres de sa volonté. Il y en avait six : l’unchargé de composer les livres, l’autre de rédiger le calendrier; un troi-