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Tome III.
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la robe transparente qui descend jusqu’à mi-jambe paraît être faite avec une espèce de toilede coton très-fine provenant du territoire de Daka. Les piedB nus -et les mains de Djehan-guir sont dépourvues de bagues, ce qui est rare et ne prouve qu’un goût personnel. Pour lereste, on retrouve le trône d’or, le large tapis de soie, la balustrade d’argent dont parleBernier.

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N° 2. — L’empereur accroupi sur son trône est Djehander-Schah, proclamé en 1712 etdécapité peu de mois après. Il est vêtu de soieries, porte à l’arrière bras un léger braceletpar-dessus ses vêtements. Le petit doigt et le pouce de la main sont ornés de bagues; il tientune aigrette de diamants.

Les dames mogoles représentées portent des voiles de cette mousseline lisse, soyeuse, d’unelégèreté incomparable, sans qu’elle nuise à sa consistance, que les Romains appelaient Ventustextilis et nebula lima ; car, dès la plus haute antiquité, ces produits avaient valu aux In-diens d’être reconnus pour les plus habiles tisserands de l’univers. Elles ont des bijoux au front,aux oreilles, aux mains : on leur en verrait aux pieds s’ils n’étaient chaussés; beaucoup portentun anneau ou une perle attachée à la cloison nasale et des pierres précieuses enrichissentleurs colliers et leurs bracelets. La robe qui ne couvre pas les bras et à travers laquelle appa-raît le buste nu, est faite du fin et léger coton de Daka, mentionné plus haut; le pantalonest en soie brodée, et c’est de la vallée de Cachemire qu’est sorti le tissé d’or pendant, attachéau devant de la ceinture. Les chaussures sont ici des babouches sans talons, ni quartiers. Cesfemmes ont leur chevelure naturelle, la perruque n’ayant jamais été pour les Indiens qu’unobjet de répulsion. Après le bain, les dames mogoles se parfumaient avec de la poudre desandal; c’était, du moins, le parfum le plus usité. Les yeux étaient relevés de noir avec dela poudre d’antimoine, à l’aide d’une aiguille de tête; les ongles teints en vermillon avec lesuc d’une plante appelée Madroni en tamoul. Les seins étaient contenus dans deux étuisd’un bois très-léger, joints ensemble et bouclés par derrière, étuis si polis et si souples qu’ilsn’offensaient pas le tissu délicat de la peau et ne contrariaient pas les plus molles ondulations.Ces étuis étaient portés dans toutes les classes, comme on le verra.

La dame à mi-corps, n° 4, semble avoir été jamiie par la teinture de safran employée souventpour le visage, le cou, les bras et les jambes.

{Les figures des deux empereurs sont empruntés d!um belle collection de peintures indiennesreprésentant vingt portraits des souverains mogols, descendants de Tamerlan, collection faiteà Delhi en 1774 par le colonel Gentil. Ces peintures appartiennent à la bibliothèque de M. Am-broise Firmin-Didot.

Les deux figures de femmes sont tirées d’un recueil de peintures persanes et mogoles, fortanciennes de la mègne bibliothèque.)