INDE
EMPEREURS MOGOLS ET DAMES.
LA PEINTURE INDIENNE. — LES PORTRAITS HISTORIQUES.
s
1 i 4
3
2
N° 4. — Houmaïoun on Oumayoun, empereur de l’Inde,de la dynastie mogole, né en 1508, souverain en1530, mort en 1556,
3, — Parouksiar ou Firouksir, empereur de l’Indede la même dynastie, élevé au trône en 1712, mort en1719.
Le plus ancien de ces deux souverains est repré-senté dans le costume de l’audience ordinaire. A peud’exceptions près, les Indous ne se servent ni de siè-ges ni de tables ; ils s’accroupissent sur des tapis,des coussins, des nattes. Le chef, pour recevoirson monde, s’accroupit sur une estrade recouverted’un tapis, et gui n’a, la plupart du temps, que lahauteur d’une marche. Une balustrade fort basseisole la place occupée par le souverain, désigné, enoutre, par l'aigrette élevée que l’on voit ici au devantde Bon double turban enroulé autour du haut bonnet.
Le trône, proprement dit, est de forme variée,mais c’est un siège surmonté du parasol et accom-pagné d’un marchepied. Le souverain s'asseoit surce trône les jours de grande réception, à l’occasionde quelque cérémonie et Burtout lorsqu’il s'agit detraiter de quelque affaire importante avec un étran-ger. L’étiquette est, dans ce cas, que le chef sur sontrône soit revêtu du ras blanc, qui se pose par-des-sus les autres vêtements; c’est une sorte de robelongue, en mousseline, souvent de la plus légère trans-parence, qui est serrée sur la poitrine, large et flot-tante par le bas ; de plus le sultan est coiffé du pe-tit turban, et paré de bijoux.
L’impassibilité traditionnelle du visage asiatique,parmi les personnages de rang élevé chez lesquelsla dissimulation est une nécessité politique, enlève,à priori, à la représentation de leurs traits l’inté-rêt que les Européens sont habitués à rechercherdans leurs portraits historiques. Qu’on y ajoute l’in-fériorité d'un art dont le principal mérite consistedans une minutie naïve, et il semble que voilà nuechose jugée. Il est au moins curieux, de faire remar-quer, toutefois en se contentant des deux exemplesopposés ici, que les peintres indiens, dépourvus dusavoir de nos artistes, trouvent néanmoins le moyende faire entendre, à l’aide de leurs peintures, de cer-taines choses d’un ordre plus relevé qu’on ne le croi-rait à la première inspection de leurs œuvres. Ici,dans ces deux portraits historiques, la conceptionest celle d’un artiste ou tout au moins celle d’unvéritable philosophe,
Houmaïoun, fils de Bâber, le fondateur de la dynastiemogole dans l’Inde, tint de son père un empire trou-blé, encore mal assis, que, malgré ses instinctsd’homme d’étude, aimable, de goûts distingués, ildut défendre les armes à la main, ce qu’il fit d’ail-leurs avec une réelle bravoure, mais avec les pé-ripéties d’un malheur tel, qu’éloigné de ses Etatset constamment poursuivi, au travers d’accidentsdramatiques qui ont fait de son existence la plustourmentée qu’eut jamais aucun monarque de l’A-sie, il ne put remonter sur son trône, à Delhi,qn’aprés treize années d’exil, pour y mourir près-