Il faut le dire, tous les Kabyles sont d’une saleté révoltante, et n’observent jamais les loisde l’hygiène la plus élémentaire. « Il n’y a pas, dit M. le colonel Duhousset, un seu éta issement de bains dans toute laKabylie du Djurjura. Il en résulte des affections héré itaires queles générations se transmettent. »
N 1. Le vase de terre porté par cette femme est un de ceux que fabriquent les Beni-Ilaten ; il se termine par une pointe ou sorte de cône servant à le ficher en terre, et ne sau-rait se tenir d aplomb sans appui. Celui-ci sert au transport de l’eau. Dès l’âge de douze ans,les filles sont obligées, pour aller aux ravins où coulent généralement les sources, de descen-dre deux fois par jours les hauteurs où sont placés tous les villages, et de les remonter avecune charge que le contenant et le contenu portent à vingt sept kilos. La partie la plus largedu vase repose sur le dos, sa pointe à la hauteur des reins, et elle s’appuie sur la ceinture ; uneseule main accrochée à l’une des anses suffit généralement pour maintenir ce lourd fardeauqui exige quen marchant le corps soit extrêmement penché en avant; ces femmes ne mettantjamais de chaussures, leurs pieds sont aguerries à toutes les aspérités du sentier.
N 2. Femme portant à la fois du lait et son enfant. Les Kabyles, bonnes mères, allaitentleuis enfants jusqu’à trois ou quatre ans et ne s’en séparent même pas pour accomplir leursti avaux. On voit la manière dont elles le portent dans le dos, sur leur ceinture disposée commeun hamac. Le large bassin en terre de forme hémisphérique est posé sur un coussinet qui as-seoit la charge en adoucissant le contact. Cette habitude de faire de la tête un point d’appuipour les fardeaux explique la forme de la coiffure des femmes Kabyles.
Le n° 3 est le costume fort succint d’un ouvrier des champs; il ne consiste qu’en un soup-çon de derbal, un long tablier de cuir pendu au cou, et un large et haut chapeau de paillepour le soleil, ce qui n’empêche pas d’ailleurs que le hâle ne rende noirs comme des nègresceux qui ce livrent aux travaux agricoles.
Les n 08 4, 5, montrent le costume féminin dans sa plus grande simplicité sous deux aspects.On emploie pour le dépiquage des grains de forts tamis servant à jeter au vent la paille que1 on fait tomber en pluie. C’est un travail d’homme dont on ne charge les femmes que dansdes moments de presse.
N 6. Kabyle en tenue ordinaire. Il a deux sacs de cuir .- l’un est une cartouchière ;autre, de plus grande capacité, peut servir de gibecière pour d’assez grosses pièces. Il estarme du long fusil dont la monture est en bois de noyer. ^
N 7. Kabyle en tenue de combat. Les Kabyles font eux-mêmes la poudre, les fusils, jus-qu aux belles armes damasquinées aux capucines d’argent, et les flissi en damas, si appréciéspom la bonté de leur trempe, leur éclat et leur poli merveilleux. Us combattent presque tou-jours à pied. On voit ici comment ces alertes montagnards disposent leur armement, et com-ment le derbal retroussé et pris dans la ceinture, les jambières de laine noire serrant les mol-lets, le manteau soulevé sur un bras, rien ne contrarie leur remarquable agilité. Le fourreaude 1 épée est en bois avec le bout en métal blanc. La poudrière est en corne.