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Tome III.
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contre la fenêtre et adossée au mur, une crédence ; entre les deux fenêtres, la cheminée.Deux banquettes, disposées perpendiculairement à cette cheminée, en occupent les deux côtés ;le côté de gauche est l’écran ; celui de droite, la forme (1) ; après la fenêtre qui suit la cheminée,en continuant à droite, se trouve un bahut formant siège ; puis, accrochée au mur, une imageouvrante de la Vierge ; enfin, la porte de communication avec la tourelle où se trouve le cabinetde toilette. En partant de cette porte et en redescendant, on rencontre le lit, entre deux chaises,dans son alcôve.

Le plan donne enfin le quatrième côté de la pièce que la planche ne pouvait montrer, et oùse trouvent les trois entrées ; après la première porte et en continuant de droite à gauche, estun bahut ; une grande armoire flanquée de deux dressoirs ou de bancs servant de coffres, estplacée entre la deuxième et la troisième porte ; puis, un dressoir se rattachant au service dela table, est placé dans l’angle, après la dernière entrée.

Le caractère de l’habitation française au XII e siècle est celui d’une large installation de lavie sédentaire que les longues guerres, les luttes intestines n’avaient point permis d’aborderjusqu’alors. On éleva sans donjon ni tours les manoirs dont l’intérieur se composait généra-lement d’un rez-de-chaussée pour la cuisine et le cellier, et d’un premier étage où étaient lasalle d’habitation, et une garde-robe, pièce d’une certaine étendue servant aux ouvriers etouvrières à l’aiguille et aux conserves précieuses. La salle d’habitation, qu’on appelait lasalle, sans autre désignation, servait à tous les usages de la vie; on y mangeait, on y cou-chait, on y recevait, on y donnait l’hospitalité; le seigneur y admettait jusqu’à ses servi-teurs rentrant des champs qui venaient participer au souper. A cette époque, les fenêtresétaient encore ouvertes dans le plein-cintre roman ; toutes les poutres du plafond étaient appa-rentes ; le parquet était en carreaux de terre émaillée ou vernissée ; les murs étaient enduitset peints, ainsi que les poutres du plafond et les fortes traverses sur leurs corbeaux. La fenêtreavait deux châssis : l’un de verre à l’extérieur; l’autre de toile cirée, de parchemin ou de papierhuilé. Les verres, mal fabriqués et mal joints, nécessitaient ce double appareil dont le butvariait selon les saisons : combattre le froid, ou l’ardeur du soleil passant à travers des vitresdont les accidents de fabrication auraient fait de véritables verres lenticulaires.

La cheminée, qui n’apparaît réellement qu’au XII e siècle, se posait entre les deux fenêtres;elle n’était encore décorée qu’avec des peintures. Celle qui figure ici appartient à une maisonde la ville de Cluny; de chaque côté, se trouve une fenêtre basse permettant de voir au-deliors,tout en se chauffant ; ces fenêtres sont au-dessous de deux tablettes en pierre où se posaientles flambeaux du soir; des poignées en fer sont fixées au manteau de la cheminée pour aider à

(1) Voir Viollet-le-Duc et Herrade de Landsberg (Hurlas deliciarum).