d’ampleur dans les parties inférieures; voir n° 10. Dans les exemples n° 3, 4, 5, 7 et 8, datantdu quinzième siècle, la chasuble se raccourcit encore sur les bras. Dans la suite, on exagérade nouveau cette dernière mode, ce qui conduisit à la forme de la chasuble moderne qui nerecouvre plus les bras et se compose de deux pans d’étoffe roides tombant devant et derrière.
Dans les mosaïques des premiers siècles, les chasubles ont toujours l’apparence d’un vête-ment de laine aux nuances indécises. Sous les Carolingiens, les couleurs les plus éclatantessont admises, en même temps qu’une étoffe toute de soie, désignée sous le nom de cmdal, ob-tient la préférence sur les fins lainages et les tissus mélangés de laine et de soie. Jusqu’au trei-zième siècle, la chasuble est presque toujours décorée d’un clave par devant et par derrièrec’est le dernier emploi que l’on ait fait de cet ornement qui existait depuis tant de siècles; onlui donna le nom à'orfroi lorsqu’il était décoré de broderies. Les orfrois des chasubles, tout enconservant leur nom, se transformèrent, sous Charles VI, en bandes d’une très grande lar-geur, sur lesquelles on exécutait en broderies d’or ou de soie, tantôt des sujets légendairesenfermés dans des cadres d’architecture, tantôt des emblèmes héraldiques. La bande dorsale,par l’addition d’une traverse, devint une croix (voir n°4); il y eut même, à cette époque, deschasubles sur la face antérieure desquelles on voit ce même ornement (n° 3), exemple qui nese rencontrait jamais dans le costume sacerdotal des prêtres français.
La dalmatique. — Considérée sous les derniers Cesare comme un vêtement efféminé, la dal-matique fut donnée aux diacres de l’Église primitive par le pape Sylvestre P' p . Elle était sou-vent blanche, toujours de couleur claire, et ornée de claves auxquels s’ajoutait, en façon debordure, une décoration de glands ou de houppes; ses manches fort larges ne descendaientque jusqu’aux coudes.
La forme de ce vêtement religieux se modifia quelque peu. La dalmatique du douzième sièclen’avait plus l’ampleur de celle des temps anciens et produisait l’effet d’un sarrau fendu surles côtés ; ses manches, d’une largeur plus ou moins prononcée, selon les lieux, laissaient unepartie des bras à découvert. Pendant les treizième et quatorzième siècles, le col de la dalmati-que est plus ouvert et laisse voir la bordure de l’amict ; les manches sont moins larges et pluslongues (voir n 08 1 et 6). La dalmatique actuelle n’a presque, avec l’ancienne, rien autre chosede commun que le nom. Les cordons ornés de glands d’or que l’on adapte encore aux dalma-tiques, accusent leur ampleur primitive, car c’était par ce moyen qu’on en relevait les côtésau-dessous des bras, pour ne pas gêner le diacre dans ses fonctions.
Porter la dalmatique sous la chasuble, comme ou le voit dans le n° 5, était un privilège queles évêques ne partageaient qu’avec les abbés mitrés.
L’ètole et l’ovaire ou manipule. — L’étole est issue de horaire, espèce de mouchoir que leprêtre portait auparavant à sa ceinture afin de s’envelopper les mains lorsqu’il touchait à decertains objets sacrés. C’est au neuvième siècle que cet ornement prit sa forme actuelle, ainsi