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Tome V.
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Le dais faisait, de tradition, partie dn siège épiscopal.- On l’avait vu suspendu aux voûtespendant le haut moyen âge, ou encore supporté par quatre oolonnettes, qui furent suppriméescomme gênantes, le dais demeurant définitivement fixé au dossier élevé pour cet office. Lorsqueles trônes épiscopaux ne furent plus placés au fond de l’abside, on les disposa généralement àcôté du maître autel. La chaire épiscopale se trouvait -ainsi en haut des stalles du choeur, etétait souvent accompagnée de deux sièges plus bas.

Ce n’est guère qu’à partir du seizième siècle que l’on apprit le parti que l’on peut tirer descadres pour la peinture. La peinture murale du moyen-âge n’avait pas besoin d’autre cadre que lemonument lui-même. La peinture meuble ne prit son essor que vers le quatorzième siècle ;et la peinture à l’huile des Yan-Eyck donnant la vogue au genre, il y eut dès lors des enca-drements, autres que ceux que faisaient les orfèvres du moyen âge pour leurs tableaux d’or etd’argent, où ils s’inspiraient de l’architecture ogivale. Les encadrements des peintures furentd’abord fort simples, la plupart peints en noir ou en imitation de bois, et l’on s’en tint là pen-dant le quinzième siècle.

Avec le champ nouveau ouvert à leur imagination, les artistes et artisans de la Eenaissances’attachèrent à procurer à la peinture des encadrements de nature à la faire valoir, à en con-centrer l’effet, montant celles de petite et même de moyenne dimension comme des jôyaux.Le portrait encadré de cette façon devint, naturellement, un type qui fournit le cadre du mi-roir, meublé par le portrait réfléchi. On fit les cadres des miroirs, d’autant plus riches et im-portants, que la glace elle-même fut longtemps de dimension restreinte ; pendant le quinzièmesiècle on n’avait guère connu que les petits miroirs circulaires. Les miroirs, dits historiés, duseizième siècle, et de forme rectangulaire, marquent l’époque, et furent à la 'mode jusquependant les premières années du dix-septième siècle. Selon la loi de l’architecture à chacunede ses grandes transformations c’est elle qui a fourni les combinaisons les plus heureuses desentourages de la peinture et des miroirs, qui, est-il besoin de le dire, n’appartenaient qu’auluxe des grands. Les petits meubles de ce genre sont d’autant plus rares que leur usage étaitfort restreint.

Les riches cadres que nous reproduisons sont de ceux sous lesquels on mettait souvent lapeinture sous glace.

La chaire épiscopale fait partie du Musée du Louvre. Les quatre cadres proviennent de la bellecollection photographique de M. Mieusement, à Blois.

Voir pour h texte : J. Labarte, Histoire des arts industriels. — Léon de Laborde, Glossairefrançais du moyen âge, Paris, 1872. — André Potier {texte de Willemin), Monuments fran-çais.