c’était un pourpoint fourré, ouvert par devant,serré à la taille et muni de basques assez longues.Les sergents avaient la hallebarde (de kasta barda ,pique bardée, armée), dont le fer découpé offrait desdimensions formidables.
N° 12. —Mousquetaire (1647); compagnie Haute-feuille. — Bonnet de ratine ; pourpoint fourré ; chaus-ses bouffantes rouges; bottes à entonnoir; bandou-lière; ceinturon à pendant d’épée.
N° 13. — Piquier (1647). — Casque à cimier orné deplumes ; buffletin sous la cuirasse; tassettes.
K° 14. — Enseigne (1630). — Chapeau à plumes;buffletin à manches tailladées ; cuirasse ; baudrier ;bottes éperonnées. Les drapeaux du régiment n’é-taient pas encore uniformes ; indépendamment del’enseigne colonelle, il y avait dans chaque compa-gnie une enseigne aux couleurs du capitaine.
La création du régiment des gardes françaises remonte à 1563. Cassé en 1573 par Char-les IX qui se donna une autre garde à pied, il fut rétabli par Henri III à son avènementet conservé jusqu’en 1789.
On ne saurait donner le costume des gardes françaises avant Louis XIII ; sous les der-niers Valois chaque soldat se costumait à sa fantaisie et n’avait qu’à choisir parmi leshabits si variés de formes, de couleurs et d’ajustement que l’on voyait à cette époque. Il enétait de l’armement comme de l’habillement, l’Etat ne fournissait rien ; mais on était plussévère pour les armes que pour les habits.
Beaucoup de jeunes gentilshommes, pour qui le métier des armes était le seul moyen de fairefortune, choisissaient le régiment des gardes françaises pour y faire leurs premières armes enqualité de cadets. Ces cadets étaient en général fort difficiles à conduire ; ils refusaient d’o-béir à leurs sergents et bravaient souvent leurs supérieurs : cc Ils se regardoient commeestant elevez par leur naissance au-dessus de toutes les règles qu’ils ne croyaient pas faitespour eux. »
Règne de Louis XIII. — Pendant le règne de Louis XIII, comme sous celui de ses pré-décesseurs, les gardes françaises n’avaient rien dans leurs habits qui les distinguât des autresrégiments d’infanterie. Ils n’étaient pas plus astreints que les autres à porter des vêtementsuniformes. Les officiers s’habillaient le plus somptueusement possible dans les occasions d’é-clat ; eux, les cadets et une partie des soldats affectaient de porter des bottes éperonnées ensigne de noblesse. D’Aubigné, dans les Aventures _ du Ictron de Fœneste, se moque beaucoup deces habitudes et des accidents ridicules qu’elles occasionnaient. Le régiment des gardes avait,en somme, une meilleure tenue que les autres troupes parce que les capitaines étaient obligésd’habiller leurs soldats.
Ce régiment, comme dans toute l’infanterie, se composait de piquiers, d’arquebusiers et demousquetaires ; les arquebuses étaient à rouet, les mousquets, à mèche.
Sous Louis XIII, l’effectif varia souvent : il y eut tantôt douze compagnies, tantôt vingt ;ce nombre changeant continuellement, selon l’état de paix ou de guerre.
Règne de Louis XIV. — Louis XIV eut toujours trente compagnies de gardes françaises,plus deux de grenadiers créées en 1689 ; mais le chiffre des soldats composant chacune d’ellesfut à diverses reprises augmenté ou réduit.