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Tome V.
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frais de la paroisse. La durée du service était de deux ans. Si le milicien se mariait en quittantles drapeaux, on l’exemptait de tailles pendant deux ans, à partir de sa libération.

On choisissait les officiers parmi la noblesse du pays et les gens vivant noblement.

Les régiments de milice, destinés dans l’origine à la défense des places fortes, sollicitèrentsouvent l’honneur de servir en campagne. Plusieurs de ces régiments furent incorporés dansl’armée active et se firent remarquer à la bataille de la Marsaille (1693) ainsi qu’au siège deBarcelone (1697).

Pendant la guerre de succession (1701-1713), les miliciens qu’on leva ne furent pas enrégi-mentés.

En 1670, lorsque parurent les premiers fusils, on n’en donna que quatre par compagnie ; uneordonnance défendait de dépasser ce nombre « parce qu’il y avait du danger dans le maniementde ces armes ». La majorité de la compagnie se composait alors de piquiers et de mousquetaires,lesquels, depuis 1660, n’avaient plus besoin de la fourchette pour mettre leur arme en joue.

En 1692, chaque compagnie eut autant de fusiliers que de mousquetaires.

C’est le sieur Martinet, colonel du régiment du Roi et en même temps inspecteur-général del’infanterie, qui introduisit dans l’armée l’usage des baïonnettes ou couteaux bayonnais, con-nus comme armes de main avant qu’on ne songeât à en combiner l’usage avec celui du mous-quet. Cette idée, due à M. de Puységur, n’était d’ailleurs pas nouvelle ; sous Gustave-Adolphe,les Suédois avaient imaginé de fixer au bout de leurs mousquets des lances d’épées dites 'plumessuédoises ou soies de cochon (probablement dans le sens de porc-épic).

L’invention de la cartouche de 1683 avait amené la suppression des larges et pesanteâ ban-doulières auxquelles pendaient les étuis de charge. La bandoulière fut remplacée par une lanièrede buffle suffisante pour soutenir la giberne en forme de gibecière qui contenait à la fois lescartouches, les balles et la poudre d’amorce ; car ce n’est que bien plus tard qu’on eût l’idée d’en-fermer la balle dans la cartouche et de tirer l’amorce de celle-ci en la déchirant.

Ce ne fut qu’en 1698 et 1700 que l’ancien mousquet à mèche fut définitivement remplacépar le fusil dit à silex. Huit ans plus tard, la pique disparut aussi des armées françaises; la baïon-nette mise au bout du fusil en tint lieu et devint d’un usage général.

L’armement des officiers était la pique de dix pieds qu’ils conservèrent jusqu’en 1690, annéeoù on leur donna l’esponton, demi-pique, dont le fer, généralement de petite dimension, serapproche de la forme des pertuisanes à petits oreillons. Cette arme se maintint parmi lesofficiers jusqu’au règne de Louis XVI.

Les sergents avaient une hallebarde d’une longueur de six pieds et demi.

Dès les premières années de son règne, Louis XIY avait commencé à élaborer des règlementsconcernant les habits militaires. En 1667, on voyait déjà quelques régiments en gris-blanc, engris-brun, en marron, avec des bas, des nœuds d’épaule et des parements de diverses couleurs.Lorsque l’armée française entra en campagne contre la Hollande, toute l’infanterie était vêtueuniformément.