liait l’essor à l’industrie des denteliers français, mais on faisait venir à Paris, on y établis-sait par centaines des dentelières de Flandre et de Venise. De cette année 1664, datel’institution des justaucorps à brevet, dont l’objet était, non de supprimer ou d’amoindrir leluxe, mais de le faire passer à l’état de privilège, en interdisant aux particuliers les magnifi-cences dont on ne pouvait se couvrir qu’en vertu d’un brevet, signé de la main du roi.
Le souverain, en pleine jeunesse et aimant le faste, eut naturellement une grande in-fluence sur les nouveautés du costume ; elles consistèrent d’abord dans de simples modifica-tions tendant à l 'efféminé. Le corsage du pourpoint étant très-raccourci et ses manches presquesupprimées, la chemise devint de plus en plus apparente. Le haut de chausses de Louis XIIIse trouvait remplacé par un haut de chausses en forme de cotillon, que l’on fermait au des-sus des genoux avec des rubans : c’est la rhingrave, venue de Hollande, de Maestricht.
Avec ses coutures galonnées de dentelle étroite, le point coupé de son col rabattu, de-venu rabat, ses dentelles de toute sorte, et les rubans à l’infini, en coques, en touffes, enruches, de l’épaule aux souliers, ce costume de transition, datant de l’époque où le roi n’a-vait pas encore tiré l’épée, caractérise la première partie de son règne personnel. A ce mo-ment Louis XIV ne portait pas encore de perruque; son abondante chevelure était naturelle;mais la majestueuse perruque, en crinière de lion, était déjà entrée dans" l’usage. Le chapeauétait orné de deux rangs de plumes; on mettait une casaque par dessus le pourpoint, et surcette casaque on passait le baudrier auquel pendait l’épée. ( Ce baudrier est encore celuide nos suisses d’églises.) « Cette mode, dit Voltaire, devint celle de toute l’Europe, excepté« de l’Espagne et de la Pologne. On se piquait déjà presque partout d’imiter la cour de« Louis XIV. »
On voit dans le fond un riche cabinet en lapis et une cheminée en marbre qui, lors du re-maniement, fut refaite en menuiserie. Le lampadaire est en argent. Le lit à baldaquin est demême caractère que celui provenant de la chambre du maréchal d’Effiat, qui se trouve aumusée de Cluny, dont les rideaux, pentes, courtines et le plafond sont en velours ciselé deGênes, alternant avec des soieries brodées en relief, et que celui de la chambre dite du cardi-nal, du même château, en damas rouge et galons d’or.
( Tapisserie de Mute lisse : laine, soie et argent, faisant partie de la suite de quatorze piècescomposant f Histoire du roi ( Dépôt du mobilier national). Elle a été exposée par V Union centraleen 1874.)