de cet Adam Pbilippon qui s’intitulait sous Louis XIII : menuisier et ingénieur ordinaire du,Roy, était peut-être plus que nul autre en état de faire de beaux dessins de meubles; il avaitété en Italie et en était revenu tout empreint des principes opulents de l’école décorative desBolonais, illustrée par les Carraches. Fastueux, fécond entre tous, cet artiste si estimé parle Bernin, son contemporain, dut prendre itne large part à la fabrication des meubles quipendant plus de trente ans sortirent des Gobelins, avant que les meubles en placage de mar-queterie métallique imaginés par Boulle fussent répandus, et que les cuivres dorés prissent laplace dans la faveur publique. « Il y eut de cette époque, dit M. Paul Lacroix, un merveilleux« mobilier en argent qui n’était visible que dans les appartements de Versailles, de Marly eta de Fontainebleau. Il n’eut pas le temps de se répandre par imitation, et c’est à peine si« d’opulents financiers, tels que Samuel Bernard, purent acquérir un petit nombre de ces« meubles d’argent, chefs-d’œuvre de la sculpture d’ornement. » « Il y avait là, dit Perrault,« dans les Hommes illustres, en parlant de ces trésors des maisons royales, des tables d’une« sculpture et d’une ciselure si admirables, que la matière, toute d’argent et toute pesante« qu’elle estait, faisait à peine la dixième partie de leur valeur. C’étaient des torchères ou de« grands guéridons de huit à neuf pieds de hauteur, etc., tous ouvrages dopt la magnificence,« l’élégance et le bon goût estaient peut-être une des choses du royaume qui donnaient une« plus juste idée de la grandeur du prince qui les avait fait faire. »
Quoique le goût, malgré l’éloge de Perrault, fût alors certainement en décadence, on doitreconnaître, avec M. F. de Lasteyrie, que jamais peut-être on n’entendit mieux la splendeurde la décoration. Ces meubles, presque ignorés de l’industrie privée, affectaient des formesnobles correspondant à leur destination royale ou princière.
Celui de nos deux meubles qui a un couronnement formé par des figures en ronde bossesemble réunir dans toutes ses parties, profils, hauts et bas-reliefs, toutes les conditions quiconviennent au meuble d’orfèvrerie. Ce cabinet d’argent est de la plus riche ordonnance.L’autre, à trois vantaux, est un cabinet où la menuiserie a une part beaucoup plus large.
(Voir, pour le texte, M. Paul Lacroix : Histoire de l’orfèvrerie, joaillerie, Paris, 1850; F. Sèrè,éditeur, et /'Histoire de l’orfèvrerie, par Ferdinand de Lasteyrie, Paris, 1875; Hachetteet C ie , éditeurs.)