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Tome V.
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culière, c’est la forme, l’ampleur du chapeau, son tour de plumes; l’importance de la per-ruque, la cravate, la longueur du justaucorps presque égale à celle de la veste ; ce sont lesgrands parements des manches de ce dernier vêtement : les manches à hottes ; ce sont aussiles souliers à hauts talons : les souliers à la cavalière, dont la pièce de recouvrement du cou-de-pied s’élève assez pour leur donner l’aspect des bottines. Le luxe du vêtement, dû à desfabrications de qualités supérieures, était le grand luxe, réel dans le fond comme dans laforme. En parlant de la seule confection des chapeaux et des perruques, on pressentira ce quele reste devait demander de soins et d’argent. Le chapeau à bords triangulaires relevés, dità trois gouttières, adopté pendant la deuxième moitié du règne de Louis XIV, était fait depoil de castor, de lièvre, de lapin, et de la laine vigogne et commune; pour le chapeau su-perfin on n’employait que le castor de choix. La confection de ce couvre-chef exigeait unemultitude prodigieuse d’opérations et de précautions. Le détail en est tel, qu’en terminantl’exposé de cette fabrication, depuis le tri et le travail de la matière, depuis le foulage etles cinquante remises à l’étuve, au bassin, depuis les ponçages, les coupures, les affinages,les apprêts gommés, les repassages au fer chaud, à la peau de chien de mer pour le roher,depuis l’enlèvement de la jarre et le moment où l’on terminait enfin le chapeau en y mettantles portes, les agrafes, le bouton et la ganse, l 'Encyclopédie du XVIII e siècle, constate, enterminant cet exposé, qu’un homme seul n’aurait pu suffire pour accomplir une pareilletâche, et qu’il a fallu pour y arriver le concours d’une infinité d’hommes. L’industrie perru-quière fut encore bien autrement importante et compliquée ; aussi les noms des ingénieuxouvriers qui l’ont perfectionnée sont-ils conservés par l’histoire. C’est Quentin qui a inventél’art de tresser les cheveux, de coudre ces tresses sur une coiffe légère, et d’en former deschevelures entières. C’est Ervais qui, en 1680 , a inventé le crêpe, qui s’arrange mieux surla tête, et fait paraître la perruque plus garnie, quoique plus légère. Alors naît la grandeépoque de la perruque in-folio, de la crinière de lion, bien différente de la coiffure à la comètepar laquelle on avait débuté sous Louis XIII, qui n’était qu’une addition des cheveux arti-ficiels aux cheveux naturels, et des perruques à calottes, consistant en cheveux longs et platsattachés aux bords d’une espèce de petit bonnet noir dont on couvrait sa tête tondue. Onétait loin même, à la fin du siècle, du temps où les perruques in-folio pesaient assez commu-nément deux livres : les mains habiles savaient fabriquer des perruques qui, malgré leur vo-lume immense, ne pesaient que six onces.

Une fois le préjugé acquis que rien n’était plus convenable à la beauté du corps, et à ladignité de l’homme qu’une longue, qu’une vaste chevelure, les perruques frisées, où l’onn’épargnait ni le nombre ni la longueur des cheveux, arrivèrent à couvrir presque la moitié ducorps. Louis XIY leur avait donné un crédit tel que l’on en vit sur toutes les têtes. Dans lesportraits de l’époque, depuis le vieillard le plus décrépit jusqu’à l’enfant à la mamelle, tousont de longues chevelures d’emprunt, tous sont emperruqués. Les ecclésiastiques de toutrang adoptèrent les perruques passées au métier; on vit s’en affubler jusqu’à des religieux et