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Tome V.
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si l’on on excepte quelques docteurs, les gens de robes et les vieillards attachés aux anciensusages.

Jusqu’alors, les grands s’étaient distingués par la barbe et la moustache ; la mode vint en-suite de ne plus garder qu’un léger filet au-dessus de la lèvre supérieure ; la fin du dix-septièmesiècle vit les visages complètement rasés. De réduction en réduction, la moustache et la mou-che étaient devenues si peu de chose que c’est à peine si l’on s’aperçut de leur disparition ; lesmilitaires seuls les conservèrent.

Le successeur de Henri IV fit éclore une autre révolution : il fut le premier roi qui repritles grands cheveux. Les belles chevelures acquirent alors de la réputation ; elles commencèrentpar s’arrondir autour de la tête, cachèrent ensuite les oreilles et finirent par flotter sur lesépaules. Cette mode subsista longtemps en Allemagne, chez les gens de robe comme chez leshommes de guerre.

Le goût pour les longues chevelures dégénéra bientôt en manie et comme il n’est pas donnéà tout le monde d’avoir beaucoup de cheveux, on eut recours à l’art et, sous son égide cc onbrava la nature. » On débuta par des postiches , mèches détachées que l’on introduisait dansla chevelure naturelle, et c’est vers 1629 que parurent les premières perruques.

Celles en vogue parmi les magistrats, les professeurs et les gens de robe en général, furentd’abord les perruques à calotte. On prétend que c’est Richelieu qui fit venir en France la modede porter cette coiffure, particulièrement à la cour, où de Balzac disait de fort bonne grâceque les chapeaux ne sont pas faits pour être mis sur la tête.

Richelieu avait à la vérité introduit à la cour la mode des calottes de satin, mais il ne s’ô-tait pas avisé de parer sa tête avec des cheveux étrangers. Mazarin conserva pareillement lepeu de cheveux dont la nature l’avait gratifié. Jamais ces deux fameux ministres n’eurent re-cours à l’art pour obtenir des cheveux frisés ; leur exemple influait sur tous les prélats. Cettesage discipline se maintint dans le clergé jusque vers 1660. (Voir au sujet des perruques ecclé-siastiques les notices des planches le Masque et le Peigne.) Il n’en était pas de même en Alle-magne et en Angleterre où le clergé, protestant ou catholique, fit de bonne heure la cour auxperruques.

La coiffure caractéristique de l’époque de Louis XIV est l’énorme crinière à laquelle sonformat valut le nom d 'in-folio. Ces grandes chevelures, assez semblables à la crinière du lion,ornaient toutes les têtes et rendaient l’Europe tributaire de la France. Le prix de ces perru-ques que nous exportions alors à l’étranger, compensait amplement le prix des cheveux nontravaillés qu’on importait dans notre pays.

Dans les dernières années du dix-septième siècle, on ne porta plus que des perruques pou-drées, fussent-elles blondes ou noires ; on donnait pour prétexte que l’usage de la poudre avaitpour résultat d’égaliser tous les âges et d’adoucir l’expression du visage. C’est à la faveur decette mode que l’on inaugura d’autres genres de perruques.

Pendant la première partie du siècle suivant, l’usage des cheveux longs ne se maintint plus