N os 4, 5 et f>. — Danseurs en toilette de bal ; musicien de leur orchestre.
Les costumes de ces ligures correspondent environ à la période de 1675 à 1680.
Le danseur porte un habit de soie rouge, galonné d’or ou de jaune en tenant lieu, boutonnéde haut en bas et muni de larges poches placées sur le devant et non loin du bord inférieurorné de franges d’or ; coutures garnies de plusieurs rangs de galons en soie jaune ; nœudsde rubans sur l’épaule gauche ; manches courtes et ornées de passementeries d’or dont les pa-rements sont doublés de soie blanche. Bas de soie assortis à la couleur de l’habit, avec desjarretières formant une touffe de rubans de chaque côté de la jambe. Souliers ornés de rubanslisses ou ondés et pourvus de hauts talons.
La dame qui lui fait vis-à-vis a les épaules nues, ce qui était l’usage dans toute espèced’assemblées ; ses cheveux frisés et annelés rappellent encore l’arrangement des coiffures deChampagne, mais n’ont plus le chignon couronné d’une torsade qu’on appelait le rond; l’an-cienne parure de la chevelure, la culbute, est devenue ici une large cocarde posée de côté.
Colliers et bracelets de perles. Les cocardes, de mêmes dimensions que celle des cheveux,placées l’une au milieu de la poitrine, l’autre derrière les épaules, et reliées entre elles par deschaînes d’or, sont un souvenir des perles et des cordonnets d’or entremêlés dans les devants enbouillons de gaze que l’on disposait autrefois en guirlandes autour de l’encolure du corsage.(Voir la planche DX). Ce dernier est ici chamarré de dentelles et sa pointe s’exagérera encorevers la fin du règne de Louis XIV.
En dansant, cette dame relève sa robe plus haut que la jarretière dont elle fait montre sansparler de la jambe elle-même. Ses souliers sont sans talons.
Ces deux personnages figurent dans un tableau du temps représentant un bal travesti d’uncaractère intime ; on se livre à la danse à la suite d’un repas, pendant que quelques convivesrestent à table. Les danseurs sont accompagnés par un orchestre composé de trois valets-mu-siciens dont l’un, jouant du violoncelle, se trouve représenté ici.
Au dix-septième siècle, le goût inné des Français pour la danse leur avait fait adopterbeaucoup de pas dont quelques-uns étaient de provenance étrangère ; on dansait alors le me-nuet, la pavane, la passacaille, la chaconne, la courante, la sarabande, la gavotte, etc. ; lamesure et les règles de ces différents pas nous ont été transmises' par le chanoine ThoinotArbeau dans son Orchésographie.
La tapisserie du Garde-Meuble et le tableau appartenant à M. Victorien Sardou Un bal à la
suite d’un dîner, d’où proviennent les figures de cette planche, ont fait partie de l'Exposition
du Costume, organisée par V Union centrale au palais de l’Industrie, en 1874.
Voir, pour le texte : Quicherat, Histoire du costume en France. — M. Alf. Darcel, les Tapisse-ries du Garde-Meuble.