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Tome V.
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rues du dix-septième et aussi celles du dix-huitième siècle que l’on se rend compte des motifsqui firent imaginer la chaise à porteurs, dont tout le monde européen devait contracter l’habi-tude, et si largement que, en outre des chaises que possédaient toutes les familles de quelquerang, les chaises à porteurs, mises en régie dans les cités opulentes, furent à la disposition detoutes les classes, comme le sont nos voitures de place.

Ce sont les Anglais qui ont imaginé la chaise à porteurs. La première que l’on ait vue enFrance, fut apportée de Londres à Paris par M. de Monbrun, bâtard du duc de Bellegarde, legrand écuyer de France sous Louis XIII. Cette circonstance fixe la date de l’importation dugenre parmi nous, sans donner, au juste, l’âge de l’invention chez nos voisins; ce que l’onpeut signaler sur ce sujet, c’est qu’il fallait que la chaise à porteurs fût entrée bien largementdans les mœurs anglaises en 1663, année où fut imprimé le premier volume du poème d’IIu-dibras, pour que Butler y parle du cucldng-sfool, dont Tonneley explique ainsi l’usage : Pourpunir les femmes criardes et querelleuses (conformément à une loi formelle que l’on a re-trouvée dans les anciens règlements de la commune de Bouen pour l’immersion des femmescriardes), on les suspendait sur un endroit plein d’eau, dans une chaise soutenue par des cor-des qui la faisaient plonger à volonté. Le cucldng-stool, la cage où l’on baigne les femmes que-relleuses, disent les dictionnaires anglais, a, comme on le voit, tous les caractères de la chaiseà porteurs ; les brancards y sont remplacés par des cordes passées dans les anneaux fixes, et,nous le répétons, il fallait que la chaise à porteurs fût entrée bien avant dans les mœurs, pourla voir appliquée en 1663 à un pareil usage. Le cucking-stool était, d’ailleurs, un adoucisse-ment que la galanterie anglaise, dit de Laurière, apportait à la dureté de la loi normande.

A propos des cris de Londres (voir notice pl. CI), nous avons parlé des embarras de sesrues, dont il faut, de plus, connaître la nature pour sentir la nécessité de la chaise à porteurs,et pourquoi il était indispensable que cette boîte, close par des vitres , fût fermée de toutesparts. Disons de suite que le mode de locomotion de la chaise n’était point pour étonnerdans une ville où, d’habitude, les transports perpétuels qu’exige le commerce ne se faisaientqu’à bras d’hommes et à travers un embarras perpétuel.

Dans le quartier le plus actif de Londres, renouvelé depuis le terrible incendie de 1666, lesrues se trouvèrent encore pavées de manière qu’à peine y trouvait-on à poser le pied, et qu’ilétait impossible d’y tenir en carrosse ; de plus, elles demeuraient d’une éternelle saleté. Le pavéde grès manquait tellement à Londres au moment où cette ville réparait ses ruines, que ce pavé,qu’il fallait faire venir à grands frais du nord de l’Angleterre, on dit que Louis XIV offrit àCharles II de le lui fournir en échange du beau sable qu’emploient les Anglais dans les alléesde leurs jardins et qui, bien battu, prend l’uni d’un parquet. On aurait voulu avoir de ce sablepour les maisons royales; mais c’est une négociation qui, si elle a été entamée, n’a pas eu desuites.

Les plus grandes et les plus belles rues, telles que le Strand, Cheapside, Holburn, etc., se-raient restées inabordables si, pour la commodité des gens de pied, elles n’avaient eu, de part