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Tome VI.
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catégorie qu’ils appartinssent, réformés avec ou sans traitement, ceux qui, rentrés dansla vie civile, se plaisaient à conserver l’habit militaire, le faisaient souvent avec deslicences dans le goût de celle-ci. Le port du plumet fut interdit, par le réglement dul or vendémiaire an XII, à tout officier réformé en uniforme, y compris les généraux, etle port de l’uniforme lui-même fut défendu aux réformés sans traitement, et à ceux ayantdonné leur démission. Notre glorieux riz-pain-sel, qu’à l’irrégularité de sa tenue onpeut tenir pour un officier réformé sans un traitement dont il a probablement conquis lemoyen de se passer, est en compagnie de deux amis avec lesquels, d’un pas alerte, il sepromène bras dessus, bras dessous. C’est encore un des caractères de l’époque que cettemanière d’aller en bandes ; Prud’homme se plaint des jeunes gens qui se tenaient ainsi parcinq ou six dans les promenades, ne s’embarrassant pas de femmes. Ce trio est formé deParisiens de moyenne condition : ce ne sont pas des élégants à outrance ; à leur physiono-mie il est facile de voir que ces agiles compagnons, de ceux qui voient tout, colportent tout,doivent préférer aux rêveries sentimentales les Brunetiana ; ils marchent dans un nuage decalembours. La galanterie sans affectation a aussi sa place dans ce petit tableau ; elle est re-présentée par cet homme de stature moyenne qui, la tête découverte, debout, penché sansminauderie vers deux dames assises, semble les entretenir avec la mesure parfaite enusage dans la société véritablement distinguée.

Tous nos jeunes gens, dit le Journal des dames et des modes en 1801, sont en fracéconrté, de drap gros-bleu, gros-vert, ou brun-foncé, garni de boutons de métal, deforme ronde, tant soit peu bombés; chapeau rond à grand bord, culotte courte, basblancs, ou pantalon large, bottes à la russe, à tige haute. En 1802, selon le Journal desDébats, tous les élégants sont en frac, brun foncé ou noir. La forme de ce frac n’a paschangé depuis plusieurs mois ; le collet des habits d’hommes est extraordinairement étroit.Ce ne sont pas seulement les gilets écarlates à liserés d’or, qui ont la partie inférieuretaillée en veste prussienne; on donne la même forme aux gilets blancs, et ils n’ont, commeles gilets écarlates qu’une rangée de boutons. Les jeunes gens quittent les bottes largesà la Souvarow pour prendre des bottes collantes auxquelles s’adapte à volonté un retroussisjaune, verni. « Le Journal de Paris, même année, dit de son côté : « Aux pantalons dedrap ont succédé des culottes de nankin. La mode des boucles d’argent sur les souliersse généralise; on les fait ovales ou carrées, à coins arrondis, plus grandes dn doublequ’elles ne l’étaient il y a trois mois. Les jabots deviennent partie essentielle de latoilette des hommes; ils se plissent toujours à plis ronds. » « Les manchettes, d’après leJournal des modes, 1801-1802, tiennent au costume d’étiquette; les jabots sont de lamoyenne parure. Le bord des chapeaux s’agrandit tous les jours. Plusieurs jeunes gensportent de très grands chapeaux-claques que l’on nomme à la Yintimille ; ces chapeauxn’ont que deux cornes; le devant est aussi plat que le derrière, et la calotte, pliée par lemilieu, tient si peu de place que l’on dirait deux planches l’une sur l’autre. A ces chapeaux-