N° 79. — Ornement de ceinture en bronze, d’un fili-grane grossier, dont le décor régulier est bien réparti.N os 83 et 87. — Boutons ajourés, à figures de gre-
lots, terminés par un pendant mobile, dans l’un des-quels on rencontre comme un rappel de la clé du Nildes anciens Egyptiens.
Ces exemples, s’ajoutant à ceux des fragments de broderie de la pl. BR, permettent dereconnaître que le peuple grave et silencieux des Islandais, signalé comme étant celui qui estpeut-être le plus dépourvu du sentiment de la musique, est du moins pourvu de ce que l’onpeut appeler l’œil rythmique, ainsi qu’en témoignent ses ornementations régulières, bienordonnées. L’Islandais montre une aptitude particulière pour tous les ouvrages d’industrie ;obligé de pourvoir lui-même aux choses dont il a besoin, il fabrique avec de la corne fon-due des boucles pour les brides et des cuillers. Il tisse les draps, tresse ses cordes avec la laineque, dans la même chambre, la femme carde, foule et teint. Il fabrique avec des os de baleinedes aiguilles, des boutons, des manches d’instruments. Un morceau de lave lui sert de mar-teau, un bloc de pierre, d’enclume. A force de patience il sculpte fort bien et fait des œuvresd’orfèvrerie remarquables. Les meubles témoignent parfois d’un vrai talent; aussi, l’œuvrefinie, le paysan la signe volontiers.
Sdède et Norvège.
Figures d!ensemble, n 03 80, 81 et 95.
N° 80. — Scanie, district de Jerrestad.
Jeune femme portant la toilette des relevailles. —Selon une coutume chrétienne, la femme relevant deses couches doit être de nouveau reçue dans l’église,ce qui donne lieu à une cérémonie pour laquelle ellerevêt une grande toilette, rappelant la nuptiale,mais cependant d’un caractère spécial.
La bijouterie orfévrie est celle du jour des noces,mais la coiffure n’est point la couronne ; c’est unepièce d’étoffe blanche dont les deux bouts volumi-neux et raides tombent des deux côtés, en s’écar-tant ; cette coiffure est d’un arrangement compli-qué, de ceux qui nécessitent l’intervention de lapaysanne coiffeuse. Avec cette enveloppe de la têteon porte une cape ou manteau, qui n’est autre qu’unjupon posé sur les épaules, la taille formant le col.(Voir au sujet de cette cape, le n° 81.) C’est danscette toilette pour sa nouvelle -réception, que lafemme se tient dans la salle d’armes où l’on vientla chercher en cérémonie.
La salle d’armes est une pièce inhérente à touttemple suédois. Personne ne devant entrer armé dansl’église, on y déposait jadis les armes; aujourd’huion y met les cannes, exclues ù titre d’armes, et quis’y trouvent en quantité au moment des offices.
C’est en effet une arme véritable que la canne garniede sa dragonne que porte tout paysan suédois.L’usage de l’escorte armée, conservée dans les pro-cessions , particulièrement dans celles du deuil, oùles hommes et même les petits garçons doivent por-ter leur canne, est un dernier vestige de la protectiondont le clergé eut souvent besoin à de certainesépoques. C’est une tradition analogue que celle deschevaliers de la noce qui figurent au nombre de huitou dix, en Dalécarlie, dans le cortège nuptial, yprécédant les demoiselles d’honneur, la mariée étantelle-même conduite par le rudiman ou soldat duquartier. Ces cannes défensives sont une survivancede ces temps du moyen âge où le rapt et le viol nepassant pas, en Suède, pour un crime, une fiancéene pouvait être conduite en sécurité à l’autel que sousune nombreuse escorte de paranymphes.
N° 81. — Scanie, district de Torna hârad.
Femme dans le costume du grand deuil. — Le ju-pon noir fait exprès, en prévision du deuil, est posésur latête, cachant le visage de manière à n’en laisserguère voir qu’un œil ; il a la figure d’une longuecape. Forsell dit malicieusement que ce système a dubon, surtout pour une veuve jeune pleurant un vieuxmari, et ayant quelque difficulté à montrer ses larmes.
Quelquefois les femmes donnent à cette espèce demanteau la forme d’un jupon sur lequel le corsage,