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Tome VI.
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franche et ouverte ; elle a de plus la réputation dese livrer au travail avec zèle.

C’est surtout ici que l’on voit s’épanouir danstout leur éclat les couleurs chères aux habitantsdes montagnes, gens dont l’imagination se trouvefortement influencée par la grandeur et la richessede la nature. Non seulement, comme on le voitdans la fig, n° 3, le jeune homme du canton deZug aime, les jours de fête, à se parer de rubans,à en placer sur son chapeau,' sa cravate et sa veste,mais il pousse encore l’amour du pittoresque, oubien le respect de la tradition, jusqu’à se vêtir d’uncostume représentant à lui seul plusieurs époques.En effet, ses chausses bouffantes rappellent autantle costume Henri IY que la chemise aux plisbouillonnés remet en mémoire les galants du règnede Louis XIY.

Chez les jeunes personnes, les rubans et les fleursse prodiguent surtout dans l’ornement du chapeau.Elles portent des jupes courtes et serrées, d’étoffebleue ou verte. Les bas sont généralement rouges.De longues tresses de cheveux retombant assez bassont comme l’accompagnement nécessaire d’un cos-tume où l’harmonie se maintient malgré des cou-leurs vives et brusquement opposées.

N 08 o et 11. — Femmes mariées du canton de Berne.

D’une nationalité très prononcée, la race est forteet belle dans ce canton que l’on regarde commele plus grand, le plus peuplé et l’un des plus beauxde la Suisse.

La fig. n° 5 a des demi-manches à gigot; unecoiffe de satin noir très étroite est posée sur le hautde la tête. Les Bernoises qui ne sont pas mariéesattachent un grand prix à la longueur de leurs che-veux ; elles les partagent, les tressent et les laissentpendre jusqu’aux talons. Après le mariage, cestresses, qu’il n’est plus permis de laisser flottantes,sont tournées en spirales et fixées sur le sommetde la tête. Deux lettres, brodées sur la chemise à lahauteur des seins, indiquent, l’une à droite le nomde baptême, l’autre à gauche le nom de famille. Collierformé de deux petites languettes d’étoffe rouge ; ceslanguettes sont encadrées par des bandes de veloursnoir qui se retrouvent sur la pièce d’estomac. —Dans un pays où les chemins, souvent à pic, nepeuvent être gravis qu’à l’aide d’échelles fixes, lanécessité pour les paysannes d’avoir une jupe courtes’explique parfaitement : ayant souvent à mainte-nir un fardeau placé sur leur tête, elles ne pour-

raient guère s'occuper de relever une jupe qui en-traverait leur ascension. C’est aussi pour cette rai-son que les bas sont j arretés au-dessous du genou.

La fig. n° 11 représente une habitante des vallées.Cette laitière d’Oberhassli sort probablement d’unchâlet où elle a rempli de crème un vase de bois.Elle a une toque de velours, mais, dans le Hassli,les femmes sont plutôt tête nue. La poitrine estrecouverte d’une large pièce d’étoffe formant plas-tron. Un ample tablier garantit une jupe longue decouleur claire.

Aujourd’hui on retrouve encore dans les campa-gnes quelques restes du costume bernois, principa-lement dans la partie allemande du canton où lesfemmes portent toujours de larges manches de che-mise. Près de Berne, elles sont coiffées d’une sorted’auréole de dentelle noire et portent souvent deschaînes d’argent par-dessus leur corset. (Y. pl. leLit et le Bébé.)

N° 6. — Habitant du canton de Schwitz.

Ce pays, sillonné de montagnes, est une fraction des1 Yaldstdten ou cantons forestiers.

Son nom de Schiuitz, qui devint plus tard celui dela Suisse entière, signifie, paraît-il, défrichement parl'incendie; il rappelle la prise violente du sol parceux qui l’occupent.

Les Schwitzois se livrent essentiellement à la viepastorale, comme leurs voisins les Unterwaldais etles Uriens. Dignes héritiers de leurs ancêtres, lestraits principaux de leur caractère sont le courage,la franchise et une vigueur morale particulière, dueà leur genre de vie.

Le paysan porte une veste à petits brandebourgs;un gilet eutr’ouvert laisse apercevoir la chemiseserrée à la taille au moyen d’un ceinturon; il a uneculotte courte et des bas blancs retenus au-dessusdu genou par des jarretières. Sa chaussure consisteen escarpins à bouffettes,

Le seul vestige du costume de ses pères doit seretrouver dans cette ceinture de cuir autrefois portéepar les libérateurs de la Suisse, ceux dont le Danteaurait pu dire, comme des Florentins, qu'ils étaientceints d'os et de cuir. On pourrait reconnaître encorel’ancien chaperon dans la toque posée si cavalière-ment sur le côté de la tête. (Voir, à la pl. le Lit,lecostume des femmes du canton de Schwitz.)

N° 8. — Jeune fille du canton de Schaffouse.

Dans ce charmant costume on remarque d’abord lacoiffure si originale consistant en un très petit ca-