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Tome VI.
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se portent en Suisse. Nos deux exemples montrentque la coquetterie individuelle a dans ce canton decertaines libertés, et l’on ne trouverait peut-êtrenulle part de vachères mieux attifées.

N° 3.

Mariée du canton de Fribourg. — Cette femme est de lapartie allemande du canton, celle où les mœurs an-ciennes sont mieux conservées que dans la partie ro-mane , ou française : (ces noms viennent de la dif-férence des cultes). Le mariage qui, partout en Suisseest un acte des plus importants, revêt dans ces con-trées un caractère particulier de gravité. Il est d’usageque, pour la cérémonie, l’épousée comme le marisubstituent à leurs vêtements ordinaires ceux de leurgrand-père et de leur grand’mère, comme pour at-tester qu’ils vivront ù la manière de leurs ancêtres.La coiffure bizarre, semblable à un bonnet de hus-sard, est de l’ancien temps, ainsi que la fraise ser-vant de collerette, et que la boucle de métal des sou-liers. La bijouterie consiste en un long et fin collier,et en une médaille d’argent de grand module qu’onappelle Agnus Dei, suspendue au cou. Dans le cantonde Schaffouse, où le costume de l’épousée est fort pro-che de celui-ci, le bonnet est encore plus haut et pluspesant; les bas ainsi que la jupe sont rouges. Peut-être les bas blancs* de notre mariée de Fribourg sont-ils une licence moderne, comme le sont les petitesboucles des souliers qui, selon la véritable tradition,devraient être larges et de grand modèle.

N° 4.

Femme du canton de Lucerne, district d’Entlibuch,au sud du canton. — Quoique cette partie de laSuisse soit une de celles où les mœurs ont conservéle plus d’originalité, la physionomie du costume localn’est pas très saillante. Un corset de velours noir enpointe, avec plastron, beaucoup plus ajusté que celuides Bernoises, la chemise plissée couvrant la poitrine,la cravate, un caraco, restant ouvert et dont les man-ches à léger retroussis sont assez amples, un bonnetlargement ruché, formant autour de la tête commeun nimbe noir transparent, un tablier qui, commeon le voit par l’exemple de la mariée de Fribourg, faitpartie en Suisse du costume habillé des classes popu-laires, tel est cet habillement. Ces Lucernoises se ma-rient avec des cérémonies bizarres, traditionnelles;

ainsi lorsque tous les accords sont arrêtés, on metla fiancée à l’enchère, en ayant soin que le futurait la dernière mise.

N° s 5, 7 et 9.

Femme du canton de Schwyz. — Femme du cantond’Uri. — Femme du canton d’Unterwalden.

Le costume national des Unterwaldenais, et surtoutcelui des femmes, est un de ceux qui se perdenttous les jours davantage : c’était un jupon ampleet court d’étoffe brune ; une ceinture rouge ; des basbleus, bien tirés; des souliers élégants; des che-veux tressés en forme de nattes, soutenues par unedouble cuiller en argent ; les souliers étaient sou-vent rehaussés par des talons de métal. On retrouveencore ici (n° 9) la coiffure, les jolis souliers à nœudde ruban, et, ce qui est aussi marqué au coin de l’an-cienneté, le collier de bijouterie en carcan, le largeet haut plastron sur lequel'descend et se croise lefin collier de jaseron, plastron orné de chaque côté delarges pendeloques en filigrane, puis l’ample man-che de lingerie bordée en festons, terminée en pa-gode et pressée à l’arrière-bras par un large braceletde velours noir; enfin le large tablier de soie. Cet en-semble compose encore un costume d’un beau carac-tère. Il est bien porté, car beaucoup de femmes d’Un-terwalden sont fort jolies. Un certain nombre d’entreelles ont l’habitude de fumer une courte pipe en va-quant à leurs occupations.

Le costume de la jeune personne de Schwyz, n° 5, offrecette particularité que, sans être marqué au coind’une antiquité aussi haute que celui d’Unterwalden,il ne contient pourtant au fond rien de véritablementmoderne. Sauf le bonnet de gaze noire sentant le ter-roir, tout, dans ce costume, appartient au siècle der-nier : la disposition de la chevelure, le dégagé du cou,le fichu, la manche courte, rappelant les engageantes,tout appartient aux modes françaises d'avant la ré-volution.

Les costumes féminins du canton d’Uri, n° 7, se rappro-chent des costumes populaires italiens. Les Uriennesportent souvent des mouchoirs noués en forme devoile comme le font les femmes de la péninsule ; lefichu sous le corset lacé est de mode italien. CesSuissesses ne mettent que des demi-bas; du moins,il en était jadis ainsi.

(D'après des documents photographiques dûs en grande partie à MM. Braun et de de Dornach ,et les aquarelles de M. J. Bastinos.')