En ce qui concerne ceux du sexe féminin de T ver (n 03 7 à 9) ils se rapprochent beaucoup deceux de Torjok (n os 10 à 14), ville voisine, dont il est parlé dans notre notice de la plancheayant pour signe une Cornemuse. La robe (le sarafan ) est ronde, plissée par derrière, en soielamée d’or, ouverte aux entournures ; le mantelet en casaquin ( douchègrèika ) est sans manchesen été, pour laisser voir celles de la chemise, ou dépourvu même de tout corsage, de sorte qu’ilressemble à un jupon court, retenu par des bandes en guise de bretelles. Au cou, un rang deperles et pas de cravate. La coiffure se compose d’une sorte de diadème en métal garni de pier-reries, ou de verroteries, fixé sur un convre-chef spécial, composé d’un genre de bonnet entoile, nommé volosnik, qui n’est jamais apparent et qui est destiné à protéger contre le contactavec les cheveux la pièce d’étoffe ( povoinik ) dont il est recouvert et sur laquelle est jeté unvoile en soie ou en gaze. Les gants sont remplacés par des couvre-mains en velours recouvertssur le dessus en fourrure de zibeline.
La haute coiffure en pointe des femmes de Torjok (n ns 10 à 12 et 16 à 18) s’appelle koko-schnik (crête de poule) et c’est le signe distinctif des femmes mariées. C’est un ornement appli-qué au sommet, toujours verticalement, en forme de demi-lune, ou bien en forme ronde, ovaleou triangulaire, la pointe en haut. Dans nos figures 10 à 12 les kokoschnik et les cravates dou-bles sont en soie brodée de perles ; les voiles sont en gaze de soie brodée en or. Les filles deTorjok (n os 13 et 14) ont pour coiffure une variété du Tcohoschnik, où le rond du sommet n’estplus vertical, mais incliné ou horizontal. Le tissu tombant sur le front est une dentelle bro-dée de perles. Le voile est très large et très long ; attaché au sommet, il se rejoint sous le men-ton et enveloppe toute la personne. A la tresse de cheveux est attaché une riche passementerie.
Dans le costume d’hiver des femmes de la même localité (n os 16 etl8), le fichu en taffetasblanc frangé d’or qui recouvre le kokoschnik en satin bleu brodé d’or et de perles, est le po-voïnik, dont nous avons parlé plus haut. La pièce de même étoffe qui retombe dans le dos est lenadzatylnik. Le manteau et les pelisses sont en drap ou en velours ; les souliers sont en maro-quin ou en velours brodé d’or.
Le costume des femmes de Riazan (n 03 19 à 21) se compose d’un jupon, d’un corsage, d’untablier et d’un vêtement de dessus, à manches courtes (appel êponka), en drap blanc, bordé depassementeries rouges.-La coiffure, nommée kitschka, consiste en une sorte de capuche en ve-lours rouge, brodé en or sur le devant. Par-dessus est noué un fichu en soie gorge-de-pigeon.Le nadzatylnik attaché à la coiffe et retombant dans le dos est en passementerie rouge.
Exemples tirés des Antiquités de l’empire de Russie, grand ouvrage publié par ordre de l’empereurNicolas, avec un texte russe et 523 planches en couleurs, dessinées par Solntzev et lithographiéespar Dreger {Moscou, 1849-1853, texte in-i° et! vol. deplanches in-folio).