Band 
Tome VI.
JPEG-Download
 

Yoici la description delà svetlitza.

On y trouve d’abord un énorme poêle en briques et faïence, à deux compartiments ; lefour pour le pain ; est dans le fond sur le devant, le four pour la cuisine. — Le dessus de cepoêle est recouvert de sable fin servant de matelas à ceux qui s’y couchent pendant l’hiver.

Au pourtour de la pièce, sont des bancs que l’on réunit deux à deux pour en faire des litspour les enfants et même pour toute la famille dans les contrées où le lit est encore inconnu.

Dans l’angle, où le pope a placé une sainte image ( ïkona ), se trouve la table pour les re-pas. Ceux-ci sont toujours précédés de la prière, dite par le chef de la famille. Cette imageest en général, celle de la vierge noire à mi-corps avec l’enfant Jésus, dont il n’apparaîtguère que les têtes et les mains, le reste étant recouvert de cuivre repoussé, doré ou ar-genté, et de verroteries, tradition grossière mais directe du goût byzantin. Une tenture figu-rant comme un dais blanc, brodée en fils rouges, surmonte et accompagne cette image sa-crée au-dessous de laquelle est accrochée une petite lampe et aussi quelques bougies .peintesde vives couleurs. Le lit se place dans l’angle faisant face à ce coin sacré. Ce lit, qui nepouvait trouver place dans notre représentation, est en bois et orné de quatre colonnettes;il est garni de rideaux de toile. C’est la femme qui prend le soin de l’embellir : elle fabriqueelle-même la toile des rideaux, et l’enrichit, la plupart du temps, de broderies à dessins rec-tilignes où figure la croix grecque.

Les murs en bois conservent leur couleur naturelle ; parmi les sapins employés, le sapinrouge prend, avec le temps, les tons les plus beaux. On se sert pour les ornements de détaildu vermillon, de la cendre verte et bleue et moins souvent de l’ocre ; parfois on emploie dubrun rouge et du blanc dans la peinture des objets naturels; mais la palette du paysan s’ar-rête là, les autres couleurs lui étant, pour ainsi dire, inconnues.

(Dessin et aquarelle par MM. Paul Bénard, architecte, et Stéphane Baron.)

(Nous renvoyons ceux qui voudraient compléter cette étude de la maison russe, en connaîtreT entrée extérieure, les écuries, les remises, les étables et jusqu à ses boutiques sur la rue, àT excellente notice que M. Normand a consacrée à ce sujet dans son livre sur T Architecture àl’exposition de 1867 ; Paris, Morel. Nous lui devons une grande partie de nos renseignements.)