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Tome VI.
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vêtement de peau sur lequel les deux jeunes gens se prosternent. Le père met sur leur têtel’image d’un saint de la maison, avec lequel il les bénit. Les compagnes dé la fiancée viennentlui offrir leurs services pour broder un certain nombre de mouchoirs destinés à servir de dariou présents qu’elle doit faire à son époux, aux droujkis et aux amis. La veille du jour fixépour la célébration du mariage, la future épouse est conduite au bain par ses compagnes ; ellesse promènent ensuite avec elle dans le village, en chantant, sur des airs tristes, des parolesqui expriment la douleur que leur cause la perte qu’elles vçnt faire.

Arrive enfin le jour de l’union. Les invités s’assemblent pour accompagner les fiancés àl’église. Un chœur de jeunes filles chante un épithalame : « Un faucon s’attache à la poursuite« d’une colombe : charmante colombe,.êtes-vous prête? l’époux est venu pour vous chercher. »Un oui, accompagné de soupirs, doit être la réponse. Le cortège s’achemine alors vers le tem-ple, précédé d’un jeune homme portant le saint de la maison. Après la bénédiction nuptiale,l’époux a le droit de donner à la jeune épouse le hitra ou baiser d’amour, selon la manièreusitée, par une coutume aussi singulière qu’ancienne, c’est-à-dire en la prenant par les oreilles.Avant que la mariée sorte de l’église, la swaJcha ou pronuba ôte à l’épousée sa coiffe de fillepour lui mettre celle des femmes. La compagnie se rend ensuite à la maison, où l’on se metà table et où on se livre à la joie, tandis que l’épouse fait semblant de pleurer. Le lende-main, le mari donne le dernier festin pour prendre congé de ses amis : il jette des noisettespar terre pour annoncer qu’il renonce aux jeux de l’enfance. Avant de quitter l’épousée, laswakha lui donne des avis, et lui rappelle les devoirs que lui impose son nouvel état.

La danse appelée proprement danse russe est une espèce de pantomime galante ; un jeunehomme et une jeune fille sont les acteurs de ce divertissement singulièrement piquant par lemélange des caresses, des refus, des sourires et des dédains.

Dans les danses qui ne sont pas de caractère, les jeunes gens montrent beaucoup d’adresseet de légèreté ; on les voit quelquefois tourner sur un pied, presque assis et se relever vive-ment pour prendre une attitude grotesque, bizarre, qu’ils varient continuellement, avançant,reculant, en une marche circulaire ; ils dansent souvent seuls ou avec une femme qui ne faitaucun mouvement. La scène représentée se passe dans un village : l’orchestre se compose dela balalaïka, espèce de guitare à deux cordes, jouée ici par un homme qui accompagne unchanteur, et qui, pour donner plus de force à sa voix, la diriger, tient sa main ouverte près desa bouche; un troisième bat la mesure en frappant ses deux mains l’une contre l’autre. Labalalaika est un instrument national et populaire.

( Documents empruntés à Vouvrage de Charles de Rechberg : Les Peuples de la Russie ; des-cription des mœurs, usages et costumes des diverses nations de cet empire; Paris, 1812-13,

2 vol. in-fol.)