la chemise, le pantalon un peu bouffant, vêtements confectionnés par la mère; leurs piedssont nus, et, selon la mode orientale, tout ce petit monde s’agenouille ou s’accroupit à terrepour étudier; c’est la tenue de classe. Les petites filles, dont la grâce innée et la gentillesseest si sensible, étudient en commun avec les garçons. Leur bonnet est caractéristique; c’est,avec un sommet plat, la coiffure des Tartares Nogaïs, hommes et femmes. Le sommet decette coiffure est un peu plus élevé et plus arrondi, mais c’est identiquement la même dispo-sition de bandes concentriques partant d’une bande circulaire et se réunissant au sommet.
Le jeune maître d’école est vêtu comme les paysans aisés de la province d’Andrinople. Sonkyssa-kurk , sa veste à fourrure épaisse, à demi-manches, son gilet croisé, sa ceinture, sonchalwar, son kalpak sont de ceux portés par les Bulgares. C’est un vêtement d’hiver aveclequel ces derniers font usage de gants.
N° 1.
Pasteur cosaque du gouvernement de Podolie. — Leshabitants de ces contrées sont compris dans ceuxque l’on appelle Petits Russes ou Malo-Russes(Russiens des Polonais); ils se subdivisent en PetitsRusses, Russniaques et Cosaques. Les dialectes etles mœurs de ces trois subdivisions se distinguent pardes nuances assez importantes. La Podolie où lanature elle-même, selon M. Guérin (La Russie ; Didot,Paris), semble avoir préparé les pâturages, ne méritepas moins que l’IIkraine le nom de terre de lait et demiel.
N 0H 2 et 3.
Russes du gouvernement d’Orel. — Le n° 3 porte lechapeau à petits bords, droit, tronqué bas, habituelaux marchands et gens du peuple. Mais la coiffure dun° 2, élevée et si remarquable par sa forme ronde,qui rappelle la forme en boule de certaines coiffuresantiques de l’Asie (voir pl. le Sphinx, n° 17), est unexemple beaucoup plus rare. Ces hauts bonnets sontfort anciens. Il semble que l’on n’en confectionneplus sur ce modèle et que ceux que l’on rencontresont dus à une conservation exceptionnelle. Le vieil-lard qui en est coiffé est chaussé de souliers tres-sés qui tiennent le milieu entre l’espadrille et lemocassin. On relie cette chaussure aux jambes, cou-vertes de bas épais en feutre blanc, avec des corde-lettes de laine qu’on y enroule.
N 0R 4 et 5.
Roumains. — On rencontre des paysans de cette raceen Valachie, Moldavie, Bukovine, Transylvanie,Bessarabie; elle est répandue dans la Roumanieturque, la Roumanie autrichienne, comme dans laRoumanie russe. Leur type originaire est d’une hauteantiquité. C’est parmi les Roumains des campagneset surtout parmi ceux qui avoisinent les Carpathesque le type national est le mieux conservé. Leurapparence robuste rappelle aux voyageurs les pri-sonniers sculptés sur la colonne Trajane; cette res-semblance est complétée par le costume, dit M. A.Ubicini. (Univers pittoresque .) Sous beaucoup de rap-ports, il est le même qu’au temps des empereurs ro-mains. Ces paysans portent une blouse de toile gros-sière , tenant lieu de chemise ; elle est serrée à lataille par une large ceinture en cuir ou par une banded’étoffe de laine qui leur sert de poche. Le pantalonde toile, très ample sur la cuisse, est resserré depuisle genou jusqu’à la cheville. Pour chaussure, ils ontdes sandales, opinci, de peau de chèvre ou de peaude cheval écrue, attachées par des courroies enrouléessur le bas de la jambe, et on leur voit encore pourcoiffure la caciola, le bonnet de peau d’agneau queleur connaissaient les Romains.
Les vêtements de ces campagnards sont blancs, detoile en été, de drap en hiver. Leur pantalon de laineest d’une seule pièce; une fois mis, on ne le quitteplus, même pour le coucher.
(Documents photographiques provenant delà belle collection , publiée à Odessa par M. J. X. Raoult , photographe ,sous le titre : Quelques types des peuples de la Russie.)