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Tome VI.
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le lecteur que de tout temps on rencontrait en Pologne, en plus ou moins grand nombre, lescostumes les plus divers empruntés à l’étranger, tantôt sans aucun changement, tantôt en leurfaisant subir des modifications. L’invasion des modes occidentales prend des proportions plusgrandes au quinzième siècle, à la suite du développement des relations internationales, par lesmariages des rois de Pologne avec des princesses étrangères, par les voyages et la fréquentationdes universités de l’Occident par la jeunesse polonaise,

Vers la fin de ce siècle apparaît un vêtement de dessous, à manches fendues (voir le n° 4),emprunté à l’Orient asiatique et qui fit ensuite partie du costume national, sous le nom deTcontousch. Nous renvoyons ici pour les détails à la notice de la planche ayant pour signele P couronné, de même que pour les costumes populaires (n 08 1, 2 et 7) de notre planche.

Le costume du grand maître de l’ordre Teutonique (n° 8) est absolument étranger à la Polo-gne, et ne figure ici qu’en raison du grand rôle que cet ordre joua dans l’histoire de ce pays.Fondé en 1128, à Jérusalem, par les Allemands, cet ordre religieux, hospitalier et militaire à lafois, acquit successivement tant de biens en Allemagne qu’un siècle après il en forma une province,confiée à la direction d’un maître résident à Mergentheim ('Wurtemberg). Appelés vers cetteépoque par Conrad, duc de Mazovie, pour combattre les Porussiens idolâtres et les Lithuaniens,les chevaliers teutoniques s’établirent sur les bords de la Vistule, dans la Prusse occidentaleactuelle, et en peu de temps ils étendirent leurs conquêtes vers l’est (Prusse orientale actuelle).L’ordre ne conserva pas longtemps sa foi religieuse et sa pureté de mœurs. Toujours avidedé conquêtes, il voulut s’arrondir au dépens de la Pologne et de la Lithuanie, et fut cons-tamment en guerre avec ces deux pays. Après la célèbre défaite de Grünwald (1410), où labannière de l’ordre, ses trésors et des milliers de prisonniers tombèrent entre les mains destroupes commandées par le roi Yladislas Jagellon, et après d’autres défaites encore, il fut obligéde restituer successivement à la Pologne toutes les provinces conquises et ne conserva, à la prisede Thorn (1466), que la Prusse orientale, sous la condition d’hommage de vassalité. EnfinAlbert de Brandebourg, le dernier grand maître des chevaliers teutoniques, se fit luthérien,sécularisa les biens de l’ordre, se maria et devint duc héréditaire de la Prusse proprementdite, duché qui vint ensuite grossir les possessions de la maison régnante de Brandebourg, etqui, avec d’autres provinces polonaises, appartient aujourd’hui au royaume de Prusse.

Le costume des chevaliers était, par-dessus l’armure, un manteau blanc avec une croix noire,à laquelle ils étaient autorisés à joindre la croix d’or de Jérusalem. Le grand maître, élevé audouzième siècle au rang de prince de l’empire germanique, eut le droit de porter l’aigle impé-riale à deux têtes.

Ces costumes sont tirés du recueil de M. Mateyko : Costumes polonais (Ubiory Polsce) de 1200à 1795; Cracovie, 1860 (2 e édition, 1875); in-folio, sans texte.