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Tome VI.
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lies rois do Pologne s’étaient donné une maison militaire, entretenue et équipée à leurs frais.Avant le règne de Jean III Sobieski, ce corps privilégié se composait de six cents gardes àpied, de six cents cavaliers et de douze cents hommes formant un régiment d’infanterie. So-bieski y ajouta une compagnie de Cent-Suisses (comme à la cour de France), deux cents hei-duques hongrois et cinq cents Janisehars ou janissaires, témoignages vivants de ses victoirescontre les Turcs; cette dernière troupe se tenait toujours auprès de la personne royale. Ausiège de Tienne, l’entourage de Sobieski s’étonnait fort de voir un roi chrétien s’avancer contrele croissant avec une telle escorte ; c’est alors que le roi, s’adressant à ses janissaires, leur pro-posa de retourner vers leurs anciens étendards ou de gagner les derrières de l’armée chrétienneafin de n’avoir pas à combattre leurs compatriotes : tous répondirent qu’ils ne pouvaient vivreou mourir qu’auprès de lui.

Les guerres continuelles avec les Tartares et les Turcs avaient mis la Pologne en relationsfréquentes avec le monde asiatique; aussi la cavalerie, composée de la noblesse, se faisait-ellegénéralement remarquer par la magnificence de ses armes, le luxe de ses costumes et la beautéde ses chevaux.

L’infanterie soldée, paraît-il, ne brillait par la richesse de ses vêtements que lorsque leshasards de la guerre venait la favoriser. Les historiens racontent qu’à la bataille de Vienne,Charles de Lorraine appelant l’attention de Sobieski sur un régiment polonais remarquable parla pauvreté de son équipement, le roi répondit ; « Ce régiment a l’habitude de s’habiller auxfrais de l’ennemi ; dans la dernière guerre tous ces soldats étaient vêtus à la turque. » Si cesparoles ne les habillaient pas, elles les cuirassaient, comme dit l’abbé Coyer.

Etienne Batory (1575) avait essayé d’introduire l’uniformité du costume militaire; maiscette mesure ne fut réellement en vigueur qu’en 1735, lorsque Joseph Potocki eut le comman-dement de l’année.

Après le roi, les troupes polonaises avaient à leur tête deux généraux, l’un polonais et l’autrelithuanien ; ils étaient assistés de deux lieutenants ayant le titre de généraux de campagne.Dans chacun des deux corps polonais et lithuanien, il existait un maître de l’artillerie, un in-tendant de l’armée, un grand enseigne, un maréchal de camp et un général des sentinelles. Lescolonels, maîtres de leurs régiments, entretenaient eux-mêmes leurs soldats.

J\ T ° 1 .

RiUicpassi , capitaine commandant les mousquetairesde la garde du roi.

Bonnet orné d’une aigrette. Sur le joupane, un bon-tousek, habit de dessus d’un usage général sous So-bieski. Ample manteau. Bâton de commandement.

Selle de forme orientale. La housse d’étoffe brodéeest, ainsi que celle du cavalier n° 3, garnie de filochesde passementeries d’or.

N» 2.

Général polonais.

Kolpah de fourrure orné de deux broches d’orfèvrerie :l’une est placée sur le devant de la coiffure, dans l’au-tre est fixée une aigrette placée sur le côté. Cuirassedorée. Deliura , grand manteau doublé de fourrure.Sabre court et large. Bâton de commandement. Cettemarque de dignité ne se portait qu’en costume d’ap-parat ; â la guerre, les généraux paraissaient accom-