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Tome VI.
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de l'habillement; ces guêtres sont rattachées au cale-çon par des jarretières en tissu d’or dont les boutsretombent sur la jambe ; le bas couvre en partie ]estcharik , l’élégante chaussure à pointe recourbée àla poulaine; des pompons de soie floconneuse se ba-lancent tout le long de l’extrémité de ce soulier d’ap-parat.

N° 8. — Dame arnaoute de Yania.

(Cet élégant et somptueux costume a coûté, à Yania,2,720 francs.)

Fez de forme basse, dont le feutre rouge et le puskulbleu sont garnis de fils d’or terminés par de petitesboules de même métal; la marche communique à cesfils suspendus un mouvement qui les balance et faitbruire les boules. Chemise de soie cuite crépelée, lebeurundjuk, lamée d’argent et finement brodée à jour.Entari de satin, à jupe à la franka, à longues man-ches ouvertes; ce vêtement est assujetti à la taille parun yelek à boutons en grelots, recouvert d’un mintanà manches plus larges et plus longues que celles delentari, qu’elles enveloppent sans les cacher entiè-rement. Ces trois pièces du costume, entari, yeleket mintan sont d’une même étoffe, et ornées de bro-deries finement exécutées. Le pardessus sans man-ches est le djubbé; il est en velours, et l’art du bro-deur se donne libre carrière sur le fond intense de sacouleur. Le gansé, la soittache , le point de couchure , lafinition , tous les points imaginables concourent à ladécoration du djubbé, sur lequel s’entrelacent lesfleurs, les rinceaux, les épis d’or, au gré du capricede l’artiste. Rien de mieux composé, de plus délica-tement achevé que ces magnifiques broderies sur levelours qui, par sa note vigoureuse, relève ce qu’il yaurait de trop uniforme, de trop éclatant, dans lereste du costume. Les p>abouâj sont très simples, sanspompons ni fioritures; il n’y a aucun autre bijou quedes boucles d’oreilles discrètes, sans prétention.

N 0 9. — Arnaout de classe moyenne.

Le djamadan a disparu du costume des gens de cetteclasse. L’Arnaout représenté ici porte le yelek, le tchep -ken et les dizlik en drap fin, avec des broderies de soiequi en ornent toutes les pièces. Le fez est un peumoins haut que celui des riches ; le gland d’or est sup-primé tout en conservant l’ample et lourd puskul. Lefstan a des plis plus larges, moins compliqués ; les tcha-rjk sont moins courbés à la pointe, et leurs pomponsde soie sont en plus petite quantité. Le silahlik estsimplement rayé d’or. Le pardessus, qui sert de com-

plément à tous les costumes arnaouts, est le akloukakèbèci; c’est une sorte de paletot long et large sansmanches, en étoffe feutrée d’un côté, à longs poils del’autre. On le porte le poil en dehors ou en dedans,selon l’occasion. C’est un vêtement très chaud, trèscommode; il est à bon marché et indispensable.

N° 6. — Arnaout de la classe pauvre.

Le fez est remplacé par un bonnet blanc tout aussichaud; pour préserver les cheveux du contact de sonfeutre plus rude que celui du fez, on met d’abord untakkè de coton blanc. Les pièces du costume sont lesmêmes que ce qu’on vient de voir; ce qui les distinguec’est qu’au lieu de drap elles sont en une espèce defeutre qui s’appelle aba. Les broderies y sont aussiplus rares et d’un dessin moins recherché. Le silahlikest en cuir tout uni; les tcharik n’ont pas de pompons,les guêtres sont en aéa, les jarretières en passemen-terie commune ; le fstan , k plis larges et irréguliersest en calicot grossier.

N° 3. — Paysan des environs d’Yania.

L e fstan cesse de figurer dans ce costume où tout revêtun cachet foncièrement utilitaire. Une chaude cein-ture de laine épaisse remplace le cuir du silahlik ; deschausses, des caltchoun, au lieu de guêtres, et des tcha-rik sans pointe recourbée, attachés aux chausses pardes lisières de cuir, enfin Yaklouka kèbèci plus ample,lourd, et une chemise de grosse toile fabriquée à lamaison, tel est le costume de ce travailleur deschamps.

N° 2. — Haham-bachi de Sélanik.

Le Haham-bachi est un docteur juif ès-science religieuse.Ce docteur donne à ses administrés l’exemple d’unetenue simple où sont évitées les teintes trop éclatan-tes. La coiffure de celui-ci est le kavèzè, d’où sortentles deux boucles de cheveux frisés qui caractérisenttout Israélite de la vieille roche. Son entari est desoie rayée, et ne fait pas un pli sous son djubbé dedrap fin, de couleur sombre, contenue. Son pardes-sus est le binich; il est de couleur foncée; les man-ches comme le vêtement lui-même n’ont qu’une am-pleur modeste. La chaussure traditionnelle, mest oujmboudj , est en cuir noir.

N° 5. — Hodja de Sélanik.

Un hodja est un aalïm, un membre du corps des ulémasdont la fonction est l’enseignement. Celui-ci porte le