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Tome VI.
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même étoffe, excepté l’été où tous deux sont en coutil bleu ; enfin le petit chapeau rond. Lesdimanches, le gougou, long couteau à gaine, est attaché par une double chaîne en cuivre à ladernière boutonnière de la casaque et remonte jusqu’à une poche pratiquée dans la doublurede la veste, sur la poitrine. Les montagnards ont, en outre, un bâton terminé par une bouleferrée ; à l’occasion, ils savent s’en servir avec une redoutable dextérité.

Les femmes conservent assez l’ancien vêtement ; dans quelques endroits on rencontre encorechez elles le corsage dont la manche est ornée de doubles parements de soie ouvrée simulant lebrassard ; un corset, gracieux parfois, passant sous les bras et de formes capricieusement va-riées selon les localités ; le mouchoir, tantôt d’indienne, tantôt de soie, croisé sur la poitrine ;la robe de grosse bure relevée par devant pour faire une vaste poche et le tablier à bavette. —Il existe une particularité au sujet de cette pièce du costume : le jour des fiançailles, l’obliga-tion s’impose au futur de parvenir à dénouer librement, et sans que sa fiancée s’y oppose, lescordons de son tablier. C’est comme le symbole du consentement. —• Les riches paysannes por-tent à leur cou des chaînes d’or avec des Saint-Esprit d’émail enrichis de quelques pierres pré-cieuses. — Les coiffures varient beaucoup et affectent des formes différentes se reproduisantdans des localités quelquefois très éloignées les unes des autres. Dans les environs d’Aurillac,la coiffe est généralement longue, tandis que dans les arrondissements de .Saint-Flour et deMurat, les femmes portent sur leurs cheveux lissés en bandeaux un mouchoir qui y demeurefixé au moyen d’un cercle de laiton. Cet ornement que les Cantaliennes affectionnent a laforme du diadème antique ; on l’appelle serre-malice. Lorsqu’il pleut, on s’enveloppe de la ca-pote, sorte de capuchon bleu doublé d’écarlate et se rapprochant assez de la coiffure des Py-rénéennes.

Entre les nombreux traits communs à l’Auvergne, au Yelay et au Bourbonnais, il en est unque l’on constate dans bon nombre d’endroits ; c’est l’adjonction d’un chapeau sur la coiffe.La toilette est pour ainsi dire incomplète si elle n’a que l’un ou l’autre de ces deux objets. —Cet usage existait depuis longtemps dans le Cantal où les montagnardes avaient une certainecoiffure qui pouvait, par son ampleur, rivaliser avec celle de leurs maris ; aujourd’hui elles ontpresque toutes adopté le petit chapeau noir garni de velours.

Basse Auvergne. — La Limagne « diaprée de la verdure de ses prairies et de l’or de sesmoissons », est un vaste bassin d’une fertilité proverbiale ; elle occupe une partie considérabledu centre de la basse Auvergne. Ses habitants diffèrent des montagnards par le costume, lelançage et les mœurs.

Ils forment deux catégories : 1 e pagsan-p'opriétaire et le paysan-journalier ; la mutation decette seconde catégorie dans la première est continuelle, et c’est surtout au Limagnien quepeut s’appliquer ce vieux dicton : « Les Auvergnats et Lymosins — font d’abord leurs af-faires — puis celles de leurs voysins. »

Au siècle dernier, les habitants de la basse Auvergne avaient un large chapeau à deux cor-nes; un habit blanc court et plissé ; 'de larges culottes d’étoffe grise et des guêtres.