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Tome premier.
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IV
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IV

PRÉFACE.

leurs instruments sont d’origine asiatique, et qu’ils n’ont rien euen musique qui ne fût d’abord dans l’Orient, toutes les hypo-thèses relatives à ces choses s’évanouiront.

Quel que fût le mérite des auteurs dont nous avons des histoiresde la musique, ils n’ont pu sortir du cercle étroit où les retenaitl'insuffisance des connaissances à l’époque où ils écrivaient. Toutse tient, tout s’enchaîne dans l’histoire de cet art : nul moyen, parexemple, de traiter de la musique des Hébreux sans les mettre enrapport avec l’Egypte, la Chaldée et l’Assyrie, où ils ont subi delongs esclavages; or, les grandes découvertes qui ont éclairci l’his-toire , rectifié la chronologie, et présenté sous leur aspect véritableles mœurs et les arts de ces grands empires, ces découvertes, dis-je,ont été faites de notre temps. Elles ont mis au néant les hypothèsesde Kircher, de Perizonius et d’autres, auxquelles Martini, Forkel etBurney ont accordé trop de confiance. D’autre part, les Arabes,étant de même race que ces peuples sémitiques et parlant unelangue analogue aux leurs, ont une musique dont le système n’estbien connu que grâce à des travaux récents. Enfin, dans l’est de l’Asiese trouvaient les Aryâs ou Ariens, qui peuplèrent la Perse et l’Inde,puis l’Asie Mineure, la Grèce et l’Europe, et dont il n’est pas faitmention dans les écrits des savants qui viennent d’être nommés.Cependant, si l’histoire de la musique dans l’antiquité ne commencepas par celle de ces peuples primitifs, il ne peut y avoir qu’in-certitude en ce qui concerne le même art chez les Grecs. On voitdonc combien était prématurée l’entreprise d’une histoire de lamusique des temps anciens, avant qu’on en eût recueilli les pre-miers matériaux.

Ce n’est pas à dire que nous soyons en possession de tous lesfaits qu’il faudrait connaître pour dissiper les incertitudes, et pé-nétrer certains mystères relatifs à la musique ancienne chez lesIndiens, les Perses, les Égyptiens, les Assyriens, les Hébreux etautres peuples ariens et sémitiques : il reste beaucoup à apprendre,beaucoup à découvrir, pour atteindre à la connaissance complète deces choses. Que si des circonstances heureuses et fortuites viennentéclairer nos descendants à ce sujet, alors une histoire complète etdéfinitive de la musique sera possible et remplacera celle que j’offreau public de mon temps.