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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

naissance des développements de l’espèce humaine, des caractèresradicaux par lesquels se distinguent les races, des mouvements etdes migrations de celles-ci, enfin de leurs mélanges par les invasionset les conquêtes, ainsi que des influences qu’elles ont exercées lesunes sur les autres.

La fdiation des peuples est environnée de problèmes dont la solu-tion certaine ne peut être espérée : l’établir historiquement avec cer-titude sera toujours impossible, parce que les plus anciennes migra-tions de l’espèce humaine sont antérieures aux premiers enseignementsde l’histoire. On ne peut faire un pas dans les recherches sur ce sujet,sans entrer aussitôt dans le champ des conjectures; trop heureux sil’on y rencontre des probabilités dont le rapprochement fasse luireun éclair dans les ténèbres. Cependant c’est de la distinction et delàfdiation des races que dépend l’éclaircissement des questions les plusintéressantes concernant certaines idées communes et fondamentalesde morale, de religion, de philosophie, d’art, ainsi que ce qui con-cerne les rapports des langues. L’histoire de la musique y est particu-lièrement intéressée.

Deux opinions sont en présence à l’égard des races primitives del’humanité : leurs luttes, déjà fort anciennes, ne leur ont pas faitfaire un pas vers la conciliation. Suivant la première de ces opinions,les contrées les plus belles du monde connu des anciens auraient étéhabitées par des peuples autochthones, c’est-à-dire nés du sol sur le-quel ils étaient placés. La plupart des nations civilisées de l’antiquité,les Égyptiens, les Grecs, les peuples de l’Italie (1), les Indiens et lesCeltes, avaient cette tradition de leur origine. Aujourd’hui même lesdescendants des Goths ne doutent pas que leurs premiers pères h’aientvu le jour dans le pays qu’ils habitent. Des historiens nationaux se sontfaits les échos de cette croyance (2). L’opinion contraire, défenduepar des savants et des érudits de premier ordre, distingue différentstypes dans les races primitives de l’humanité et voit l’affaiblissementde leur caractère primitif dans le mélange du sang de ces races. Elleétablit, par certains rapprochements, la parenté de variétés d’un

(1) Micali, Vltalia avanti il dominio dei Romani (Florence, 1810), part. I, c. 1.

(2) Jornandes, De rebus Gothicis , lib. II. — Verelius, Gothici et Roi phi JVestrogothiæ >lib. I. — Maltebrun, Lettre à M. Balbi (dans l’Introduction à Y Atlas ethnographique de ce-géographe ).