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HISTOIRE GENERALE
« Tootaliali (un des chefs d’Otaliiti) nous donna un essai de la« musique de son pays. Quatre personnes jouaient d’une flûte qui« n’avait que deux trous (non compris l’embouchure), et par consé-« quent ne pouvait former que quatre notes en demi-tons. Ils jouaient« de cet instrument à peu près comme on joue de la flûte traversière,« sauf que le musicien, au lieu de se servir de la bouche, soufflait« avec une narine dans un des trous, tandis qu’il bouchait l’autre« avec son pouce. Quatre autres personnes joignirent leurs voix aux« Sons -cle ces instruments, en gardant fort bien la mesure ; mais on« ne joua qu’un seul air pendant tout le concert (1). » Plus loin,Cook ajoute : « Les flûtes et les tambours sont les seuls instruments« de musique que les (Maintiens connaissent. Les flûtes sont faites« d’un bambou creux d’environ un pied de long, et, comme nous« l’avons déjà dit, elles n’ont que deux trous et par conséquent que« quatre notes, avec lesquelles ils ne semblent avoir composé jus-« qu’ici qu’un seul air (2) : ils appliquent à ces trous l’index de la« main gauche et le doigt du milieu de la droite.
l'ïg- 2.
« Le tambour est composé d’un tronc de bois de forme cylindrique,« creusé, solide à l’un des bouts et recouvert à l’autre avec la peau« d’un goulu de mer. Ils n’ont d’autres baguettes que leurs mains« et yie connaissent pas la manière d’accorder ensemble deux tam-« bours de tons différents. Ils ont un expédient pour mettre à l’u-« nisson deux flûtes qui jouent ensemble : ils prennent une feuille« qu’ils roulent et qu’ils appliquent à l’extrémité de la flûte la plus« courte; ils la raccourcissent ou l’allongent, comme on tire les tubes« des télescopes, jusqu’à ce qu’ils aient trouvé le ton qu’ils cherchent,«. ce dont leur oreille parait juger avec beaucoup de délicatesse. Ils« joignent leurs voix à ces instruments, et, comme je l’ai remarqué
- (1) Voyages autour du monde entrepris par ordre de Sa Majesté Britannique, etc. } Paris, 1774(1 er voyage, t. II ) ; traduction française.
(2) La monotonie de la forme fut cause vraisemblablement de l’opinion de Cook que les Ota-hitiens ne chantaient qu’un air. Au surplus, on a remarqué chez les peuples sauvages qu’ils re-commencent le même chant sans interruption quelquefois pendant une heure; ce qui est aussiun signe caractéristique de la stérilité de leur imagination musicale.