DE LA MUSIQUE.
127
d’une antiquité antérieure de plusieurs siècles à la fondation de Rome,nous trouvons les trompettes droites et courbes des Lydiens, la doubleflûte de l'hrygie, et, dans les peintures des vases qui y ont été recueil-lis, nous voyons des cithares de diverses formes, qui rappellent cellesde l’Assyrie.
Une colonie de Pélasges, sortie de la Grèce sous la conduite d’OE-notrus, s’était jetée dans le Laliurn environ 1,790 ans avant J.-C. Elle yfonda la monarchie des Sabins. On a pris quelquefois cette branchepélasgique pour la première (celle des Tyrrhéniens), et cette erreura jeté quelque confusion dans l’histoire des premiers temps de l’Italie. 'Il est vraisemblable que les Tyrrhéniens, s’avançant par la suite destemps dans l’Italie méridionale, peuplèrent la Campanie, l’Apulie ettoute la Grande-Grèce (le royaume de Naples dans les temps mo-dernes), jusqu’à l’extrémité de la Péninsule.
En dépit des efforts persévérants des ethnologues, une obscuritéprofonde, invincible, environne le berceau des anciens peuples del’Italie, tels que les Ombriens, qui occupaient une partie de la Ro-magne ; les Osques de la Campanie, nation civilisée dont la languenous est conservée dans les tables eugubines, et dans quelques ins-criptions ; les Ausones, les Èques et les Yolsques, qui appartenaientà la même famille. Les circonstances qui les ont amenés dans les paysqu’ils occupaient ne sont pas connues. Les écrivains de l’antiquitédésignent souvent l’ensemble de ces petits peuples par le nom d ’ltali.
A une époque qu’on ne peut indiquer d’une manière certaine, maisqui ne parait pas être postérieure au vingtième siècle avant l’èrechrétienne, une migration de Cimmériens ( Kymris ) sortit de la Tau-ride, se répandit en partie à l’est et en partie à l’ouest de l’Europecentrale, laissant sur sa route diverses tribus qui occupèrent l’illyrie,
près de remplacement de l’ancienne ville de Caere. En 1863, M. Beulé, secrétaire de l’Académiedes beaux-arts de l’Institut de France, émit l’opinion, dans la dixième leçon de son cours d’ar-chéologie, (pie rien 11 e prouve l’origine lydienne de ce beau monument, et qu’il est l’ouvraged’un Grec, exécuté en Étrurie. (La Chronique des arts et de la curiosité , année 1863, t. I,p. 220. ) Juger la question d’origine sur le sarcophage seul n’était pas possible, quoique la mitre etla chaussure de la femme représentée couchée aient un caractère asiatique certaiu; mais les ob-jets sculptés et peints dans le tombeau d’où le sarcophage a été tiré, particulièrement la trom-pette tyrrliénienne courbe, dont les Grecs 11 ’ont jamais eu connaissance, démontrent bien quele monument est étrusque, et son antiquité ainsi que ses accessoires le rapportent naturelle-ment aux Lydiens qui, avec les Pélasges, furent les plus anciens habitants de l’Étrurie. (V. lesplanches I, II, III de l’atlas de l’ouvrage de M. Noël Des Vergers, avec les explications. )