DE LA MUSIQUE.
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nécessairement conformes aux habitudes contractées par les voix dansles chants primitifs, et par cela même formés de petits intervalles chezdes peuples aussi éminemment sensibles que ceux de l’Inde et de laPerse. De là, sans aucun doute, la différence essentielle de sentimenttonal qui, chez les Hindous, fait admettre vingt-deux intervalles desons dans l’octave, et vingt-quatre chez les Perses, tandis qu’il estformulé par dix-sept sons chez les Arabes.
Pour comprendre ces différences de sentiment tonal, résultant denuances diverses d’organisation chez les peuples, il faut se rappeler que,dans une antiquité reculée, les Chaldéens, les Hébreux, les Syriens, lesPhéniciens, et vraisemblablement aussi les Assyriens, n’ont forméleur alphabet que de vingt-deux lettres, et même qu'à l’époque oùla première colonie phénicienne aborda en Grèce, l’alphabet qu’elley porta n’était composé que de seize lettres, tandis que l’alphabetsanscrit en a cinquante-deux, suivant toutes les nuances d’intona-tion de la voix ; que des cinq voyelles des langues Sémitiques les unessont gutturales et les autres ne se prononcent pas toujours et nes’écrivent pas, sauf comme initiales, au lieu que le sanscrit a huitvoyelles simples et quatre diphthongues ; enfin, pour compléterla différence, que toutes les nations de l’Asie occidentale écrivent dedroite à gauche, et que le sanscrit est écrit de gauche à droite. Lesorganes vocaux des peuples sémitiques se sont évidemment modifiéspar les habitudes contractées dans la suite des siècles, puisqu’ils ontproduit des différences si considérables.
A l’égard des nations issues de la première grande migration ariennedont on aperçoit les traces, c’est-à-dire des Pélasges de l’Asie Mineure,de la Grèce et de l’Italie, ainsi que des Celtes, une étude attentive dessources de l’art dans l’antiquité fait voir que le principe arien n’a paseu moins de part dans la musique primitive de ces peuples que dansleurs langues. Les plus anciennes indications d’un système régulierde tonalité, dans la musique des Grecs, se trouvent dans le peu qu’onsait concernant le poète musicien Olympe, qui, né dans la Mysie,contrée de l’Asie Mineure, et conséquemment Pélasge d’origine, vécut,environ deux siècles avant le siège de Troie. Les Grecs lui ont attribuél’invention d’un genre de musique appelé enharmonique, dans lequelse trouvaient de petits intervalles de sons. On verra, dans l’histoirecpii est l’objet de ce livre, qu’à cette époque, le système pélasgiquede la musique était celui de l’octave divisée en vingt-quatre'quarts de