DE LA MUSIQUE.
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les tables de la notation des modes, dont il porte le nombre à quinze,bien que, plus de deux siècles auparavant, Ptolémée et plusieurs au-tres eussent essayé d’en réduire le nombre et de leur rendre leur an-cienne forme tonale.
Lorsqu’on examine le chant des Églises d’Orient et d’Occident, auxpremiers temps du christianisme, on y reconnaît l’ancienne tonalitéde la musique grecque : à vrai dire, aucun autre système tonal ne sefait remarquer dans l’art avant la fin du seizième siècle, nonobstantcertaines modifications dont la nature va être indiquée, mais qui sontplus apparentes que réelles.
A la suite des transformations dont il a été parlé dans cette intro-duction, les quinze modes de la musique grecque avaient été formésen prenant pour premier son d’une gamme chacun des degrés d’uneéchelle chromatique. Une partie de ces modes n’étant pas d’un usagehabituel, le célèbre astronome et géographe Claude Ptolémée, de quil’on a un traité de musique en trois livres, proposa d’en réduire lenombre à sept, qui avaient pour premier son déterminé chacun desdegrés d’une gamme diatonique ; en sorte que ces gammes ne diffé-raient entre elles que par la position des demi-tons, lesquel^ chan-geaient ainsi de place dans chaque mode. Cette réduction n’était enréalité qu’un retour aux anciennes formes des modes de la musiquegrecque déjà en usage au temps de Pythagore. Remarquons au sur-plus que, quel que soit le nombre des modes r le principe de la mu-sique diatonique des Grecs reste le même, car ces modes ne diffèrenttoujours entre eux que parla position des demi-tons. Ce principe estinvariable et l’on n’en peut tirer autre chose. On peut dohc affirmer<]u’aucune transformation tonale n’était possible si le principe n’étaitchangé, à moins que la différence des modes n’eût été qu’une simpletransposition. Dans la supposition que la Grèce fût demeurée libre etdans une situation prospère, comme au temps de Socrate et de Pla-ton, la musique serait demeurée stationnaire, parce qu’elle était par-venue à ses derniers développements possibles longtemps avant l’as-servissement du pays.
Le système des sept modes eut des partisans, particulièrement dansl’école d’Alexandrie. Dans d’autres écoles, où on l’adopta, on imaginad’en faire des transpositions, ce qui ramena de soi-même à la multi-plicité des modes; car, en l’appliquant au chant de 'l’Église, on consi-déra chaque son déterminé comme initial ou tonique d’un mode pri-