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Tome premier.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

formes si peu variées, les trouvères d’élite dont il vient d’étre parlétransformèrent le sujet du fabliau en action dramatique entremêléed’airs rliythmés. Ce qu’ils ont produit en ce genre est, de toute évi-dence, l’origine du vaudeville et de l’opéra comique. On y remarquedans les mélodies plus de grâce, plus d’élégance que dans celles detemps antérieurs. Le goût des ornements du chant, renouvelé parles communications fréquentes avec l’Orient, devient général et re-prend son empire dans l’Église même. U y a dès lors deux sortesde chant mondain : le premier simple, naïf, dont toute la force estdans le rliythme, c’est celui des chansons populaires; l’autre plusorné, plus vague dans sa forme, moins accentué dans son rliythme,mais dans lequel on remarque une certaine délicatesse qui manqueau premier : c’est celui des chansons de troubadours et de trouvères,à l’usage du monde que distinguent la naissance et l’éducation. Versla fin du treizième siècle, cette partie de la musique avait atteint sonplus haut degré de développement.

§ XVII.

Uorganum était une musique barbare, absurde, dans laquelle d’af-freuses dissonances se succédaient de manière à déchirer l’oreille lamoins sensible. Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’on n’i-gnorait pas, dès le neuvième siècle, que ces associations de sonsétaient des discordances ; mais on prenait plaisir â les faire et à lesentendre. 11 y a sur cela un passage important de Jean ScotErigène,théologien et philosophe, qui vivait à la cour de Charles le Chauvevers 8i0, et dirigeait l’école du palais. Doué de rares facultés etd’une instruction dont il y avait peu d’exemples de son temps, il estconsidéré comme le promoteur de la philosophie scolastique. Dansson traité célèbre de la division de la nature, il parle de Yorganumen ces termes : « C’est ainsi que la mélodie organisée est composée« (de sons) de qualités et quantités diverses. Tandis (pie les in-« tervalles grands et petits (de ces sons) sont entendus dans des prn-« portions discordantes en longues suites, ou en particulier et sépa-« rément, ils sont en même temps conjoints entre eux selon les« règles rationnelles de l’art musical, et produisent un certain agré-