180 HISTOIRE GÉNÉRALE
solutions devaient sortir les accents passionnés indispensables à l’ex-pression musicale.
Dans les dernières années du seizième siècle, un artiste de géniesatisfit à ces nécessités de son temps par la découverte de l’harmoniedissonante naturelle, laquelle, fixant invariablement la position desdeux demi-tons de la gamme , créa une tonalité essentiellement dif-férente des huit tons du plain-chant, où ces demi-tons changent deplace dans chaque gamme. Grâce à l’audace de ce novateur, la tonaliténouvelle eut deux modes, l’un majeur, l’autre mineur, et, danschacunde ces modes, toutes les gammes furent uniformes en ce qui con-cerne la qualité des intervalles des sons. Les accents attractifs, nésdes relations alternativement dissonantes et résolutives de cettetonalité, se multiplièrent plus tard, lorsque les compositeurs imagi-nèrent de mettre en contact plusieurs gammes, par des altérationsmomentanées dés sons naturels de l’une d’elles, et faisant de ces alté-rations des résolutions inattendues. Il en résulta des artifices de mo-dulation qui s’ajoutèrent aux accents expressifs de l’harmonie disso-nante naturelle. Depuis la seconde moitié du dix-liuitième siècle jus-qu’à l’époque actuelle, on s’est avancé résolument dans cette voie nou-velle, où l’on a trouvé d’énergiques moyens d’expression dramatique.
A côté de l’histoire de la musique considérée comme art, laquelleest écrite dans ses monuments, il en est une autre trop négligée parles historiens généraux de cet art : c’est celle du chant populaire detoutes les nations, qui ne se transmet que par tradition. Source pre-mière de toute musique, les chants de cette espèce méritent uneattention sérieuse, à cause de l’influence qu’ils ont exercée sur lesdiverses directions de l’art. Pas d’histoire complète de la musiqueperfectionnée, si cette autre musique naturelle, intimement liée àl’histoire des peuples, ainsi qu’à leur destination physique, moraleet politique, reste dans l’omhre, et si ce qu’elle offre d’intérêt n’estmis en relief. Ces deux côtés du sujet de mon livre y seront égale-ment étudiés.
§ XVIII.
A peine un art est-il formé , que ses principes deviennent l’objetd’un examen sérieux et donnent naissance à des théories diverses , à