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Tome premier.
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DE LA MUSIQUE.

Ce sont des instruments de la même espèce que représentent tousles monuments de l’Égypte, et même, après la conquête du pays parAlexandre, on n’y aperçoit pas la moindre trace de l’instrumentformé de l'écaille de la tortue (1).

L’Egypte elle-même parait nous fournir les moyens de déterminerl’époque où la citliare asiatique y fût introduite. On trouve*dans lesMonuments de l'Égypte et de la Nubie, publiés par Champollion, la re-présentation de peintures du tombeau de Névôtph (2), à Béni-Hassanel Gadim, ancienne Ileptanomide. L’auteur de ce grand ouvragefait de ces peintures la description suivante : « Quinze prisonniers« étrangers, hommes, femmes et enfants, de race blanche, nez aqui-« lin, ayant la physionomie, le costume, la pique et la lyre des Grecs,« d’après les plus anciennes peintures de vases grecs, sont conduits« devant Névôtph, administrateur en chef des terres de l’Heptano-« mide, au nom de son fils, qui les a faits prisonniers, par un scribe« royal. Ce scribe remet en même temps une feuille de papyrus« contenant l’indication des faits, portant le nombre des prisonniers« à trente-sept, et énonçant, comme date, l’an VI du règne du roi« Osortasen (Tosortasen) de la XVI e dynastie, dix siècles avant la« guerre de Troie. »

Hans la description d’une autre planche (3), tirée de la même pein-ture, et qui appartient au même sujet, on lit : « Deux voyageurs à« pied sont précédés par un âne chargé de leur bagage. La physio-« nomie, le costume, la lyre, les armeset tous les accessoires des deux« personnages caractérisent des Grecs et en rappellent les types,

(1) M. Charles-Louis de Jan, savant bavarois, élève de Boeckli et de Gerhard, partage monopinion concernant les différences qui distinguent la lyre et la cithare, ainsi que sur leurs ori-gines. Il a traité cette question avec autant d’érudition que d’intelligence dans son écrit intituléDe fuübus Grœcorum (p. 10-11). Voici ses paroles : « Quærentibus aulem nobis, ubi lyra pri-(c muni usurpata sit, verisimile est inventant illam et divulgatam esse a prise» Thracibus. Om-it nibus enini cantoribus inter illos natis lyra tribui solet Orpheo, Musæo, Thamyræ; Musæ« quoque multo sæpius cum lvris quam euni citharis sunt pictæ. Hæc etiam profecto causa est« cur in picturis Bacchicis lyram tam sæpe offendamus ; nam euni eeteris diis multo gratior

.« fuisse videatur cithara, Thracio illi deo conjuncta erat lyra. Cithara autem non a Gnecis« ipsis, sed a gentibus Asiaticis — fortasse Lydis'— inventa est, a quibus cam loues accepisse« existimo. » M. l)e Jan ajoute en note : « Ali Asianis Græcos récépissé citliaram admodum« verisimile est etiam ideo, quod extat in sacris libris nostris (Daniel. 3, 5) vox Chaldaica

« Kitharos (onnpj quam Græci una cum illare récépissé videautur. »

(2) T. IV, pl. 361 et 362.

(3) Idem, pl. 393 (iis).

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