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HISTOIRE GÉNÉRALE
des plus distingués (1180-1190) ,Rambaul deVaqueiras (1180-1207),Uc de Saint-Cyr (1200-1240), Peire Cardinal (1210-1239), Sordel(1229-1250). Cependant, parmi les troubadours, voire même lesplus remarquables par leurs talents, se placèrent au premier rangdes hommes nés dans la classe bourgeoise et même plus bas; telsfurent Bernard de Yentadour, fils du chauffeur de four au châteaudu comte Ebles II de Yentadour (1140-1195), Peire d’Auvergne(1155-1215), Peire Rozier (1160-1180), Peire ltamon de Toulouse(1170-1200), Arnaut de Marueil (1170-1200), Guiraut de Borneil(1175-1220), Peire Yidal, le plus original des poètes chanteurs(1175-1215), Folquet de Marseille, qui poétise et chante de 1180à 1195, Gaucelm Faidit, l’un des plus éminents chansonniers entreles habiles (1190-1240), Aimeric de Peguilain (1205-1270), et,enfin, Guiraut Réquier (1250-1294).
Plusieurs historiens ont considéré la guerre contre les Albigeois,ainsi que les persécutions et les massacres qui en furent la suite,comme la cause du silence auquel se résolut la muse des troubadoursdès la seconde moitié du treizième siècle : nul doute n’est possiblesur la légitimité de cette conséquence de pareils malheurs; mais cesilence indique aussi un changement dans les mœurs de la Franceméridionale en ce qui concerne la galanterie qui servait de thèmeaux chants occitaniens. Une autre cause paraît aussi probable dansla cessation de ces chants; elle se trouve dans l’épuisement de leursformes : la musique prenait, d’ailleurs, dès la seconde partie dutreizième siècle, une direction très-caractérisée vers de nouveauxdéveloppements de l’emploi des sons simultanés, et l’attention étaitfixée sur ces essais dont on voit des monuments dans un précieuxmanuscrit de la bibliothèque de la Faculté de médecine, à Mont-pellier, lesquels seront l’objet d’un examen dans la suite de ce livre.
Les divers genres de chants des troubadours étaient la chanson,canson, ou chant en plusieurs couplets; le vers, autre chanson envers courts, presque toujours de quatre pieds et généralement enrimes masculines; le couplet, cobla, chanson d’amour en une seulestrophe; le sirvente, sirvenlês, chanson laudative ou satirique danslaquelle il n’était pas question d’amour ; la complainte, planeh, chantde douleur sur la mort d’un ami, d’un héros, d’une femme aimée;le tenson, tensôs, chant de dispute dont les couplets formaient undialogue contradictoire et qui, dans la littérature des trouvères, est