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DE LA MUSIQUE.
dnius) a donné dans sa Musurgia (1) la traduction latine d’unepartie du livre de Virdung, avec les figures. D’autre part, le Véni-tien Ganassi del Fontego a fourni, dans des livres instructifs, de pré-cieux renseignements sur les violes et les flûtes italiennes desquinzième et seizième siècles. Nous pouvons donc présenter avecassurance à nos lecteurs l’histoire complète des instruments à archetde cette époque, si féconde en progrès dans toutes les parties de lamusique.
Dans les quinzième et seizième siècles, il y eut des violes à troiscordes, à quatre, à cinq et à six, formant chacune une série com-plète de quatre instruments de grandeur différente qui étaient dé-signés par les noms de discantus (ou dessus en français et soprano enitalien), alttis ou allô, ténor et basse. Ces instruments étaient formésd’un dos plat largement échancré des deux côtés, d’une table d’har-monie de même forme en bois de sapin, et d’éclisses qui régnaienttout autour et formaient une caisse sonore avec la table et le dos.La hauteur de ces éclisses était proportionnée à la dimension de laviole, comme celles de nos violons, altos et violoncelles. A l’intérieuret dans le haut de la caisse était collée une pièce de bois solidedans laquelle était entré le manche dont la longueur était de cinqhuitièmes de la hauteur de la viole. La tète de l’instrument et lavolute étaient renversées en arrière : cette volute était disposée pourrecevoir autant de chevilles qu’il y avait de cordes. Le cordier, dontla hauteur était d’environ 6 millimètres, en avait 7 ou 8 dans le mi-lieu ; il était collé au bas de la table un peu au-dessous d’une rosacesemblable à celle du luth; les cordes qui y étaient attachées pas-saient sur un sillet placé à la jonction de la volute avec le manche;elles étaient élevéçs d’environ 3 millimètres au-dessus de la touche,qui était en sapin comme la table. Dans la partie supérieure de celle-ci étaient percées deux ouïes en forme de C. Les cordes ne passaientpas sur un chevalet ; celles du milieu étaient un peu plus élevées queles autres par la forme du cordier. La sonorité de ces instrumentsétait douce et sourde. Le manche était divisé en six cases depuis lesillet jusqu’à la table. L’archet, grossièrement fait, avait la forme ar-quée. On voit ici la forme de la viole à trois cordes en allemand
(1) Musurgia seu praxis musicæ iîlius quæ instrumenté agitur certa ratio , ab OttomaroLuscinio Argentino du obus iibris absoluta, etc. Argentorati, 1536, in-4° obi.