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U1ST0ME GENERALE
l’on s’étonne qu’à une époque si rapprochée du milieu du treizièmesiècle, de si considérables modifications de la musiqüe aient pu êtreaccomplies. On y voit que c’est avec raison que Philippe de Vitryappelle art nouveau (ars nova) cette même musique, dans un destraités dont nous allons présenter le résumé.
Philippe de Vitry, ainsi nommé du lieu de sa naissance, dans le’ Pas-de-Calais, est appelé, par un écrivain anonyme du quatorzièmesiècle, la fleur et la perle des chantres (tlos et gemma cantorum). 11vécut vers la fin du treizième siècle et dans la première partie duquatorzième : un de ses ouvrages porte la date de 1319. Ses traitésde musique sont au nombre de trois, à savoir : 1° Ars nova; 2° Arsperfectainmusica; 3" Liber musicalium. Il existe aussi un extrait de sesprincipes de contrepoint, lequel est dépourvu des développementsnécessaires : il a pour titre : Ars contrapunclus secundum Philippumde Vitriaco (1); mais cet écrit est d’une autre main et offre peu d’in-térêt.
La lecture des ouvrages de Philippe de Vitry inspire l’étonnement,autant par la nouveauté des sujets que par la remarquable clartéd’exposition qui brille dans la méthode de ce didacticien. Parmi cesnouveautés se présente d’abord un système complet de mesure par-faite ou ternaire, imparfaite ou binaire, ainsi que de signes, aupara-vant inconnus, par lesquels ces choses sont représentées dans le qua-torzième siècle.
La première chose à considérer, dans ce système de mesure, est lemode : ce mot n’a plus alors la signification qu’il avait chez lesmensuralistes des douzième et treizième siècles. Dans sa nouvelleacception, le mode est devenu la quantité ou la valeur des durées re-présentées par les notes. 11 est parfait ou imparfait. S’il est parfait, saquantité est de trois : son signe est un cercle entier placé au com-mencement de la portée, comme dans cette figure : Q ■ ■ - . Quel-ques-uns, dit Philippe de Vitry, lui substituent trois traits, comme onle voit ici : — — ■ — ; la signification est la même.
(1) M. De Coussemaker a inséré cet écrit parmi ceux de ‘Pliilippe de Vitry, dans Je troi-sième volume de sa collection des écrivains du moyen âge sur la musique, sous le n° IV, p. 23,