Band 
Tome cinquième.
Seite
311
JPEG-Download
 

311

DE LA MUSIQUE.

compositions contenues dans ce manuscrit; l’un est le nom d’un desmusiciens sur qui l’on a des renseignements certains; l’autre, lesystème de la notation. Le musicien dont il s’agit est celui qui est dé-signé sous le nom de Francesco degli organi; entre tous ceux quiviennent d’ètre nommés, il était seul connu avant la découverte dumanuscrit dont nous venons de parler. Son nom véritable était Fran-cesco Landino. Fils d’un peintre qui avait quelque réputation, il na-quit à Florence, vers 1325. Ayant perdu la vue dans son enfance,par l’effet de la petite vérole, il éprouva bientôt la nécessité d’adoucirle malheur de sa situation par l’étude de la musique. Presque tous lesinstruments lui devinrent familiers ; il en inventa même plusieurs,suivant ses biographes; mais ce fut surtout par son habileté surl’orgue qu’il se rendit célèbre. Il surpassait si bien ses contempo-rains dans l’art de jouer de cet instrument, qu’on lui donna par ex-cellence le nom de Francesco degli organi. On l’appelait aussi quel-quefois Francesco cieco, ou il cieco di Firenze , à cause de sa cécité. Sasupériorité était si peu contestée, que les principaux musiciens de sontemps lui décernèrent une couronne de laurier : ce fut le roi deChypre qui le couronna à Venise. Il mourut à Florence en 1390.

On ne possède pas de renseignements aussi précis sur les autresmusiciens dont les compositions sont dans le manuscrit de Paris : cequ’on sait d’eux se borne aux indications de ce recueil. Toutefois, l’épo-que où ils vécurent étant connue, ces mêmes indications sont à peuprès suffisantes, la désignation du lieu de la naissance ou celle dela profession accompagnant le nom de chaque artiste. C’est ainsi quemaître Jacopo était de Bologne'; don Donato du bourg de Casia ouCasciano, près de Florence ; l’abbé Vincenzio de la petite ville d’I-mola , et Paul Tenoristade Florence. Quant à Maître Jean de Florence,nous reconnaissons en lui Joannes Florentinus, dont on vient de voirune remarquable chanson à trois voix, et nous pensons que Gian Tos-cano est une autre désignation du même musicien. Fraie Guiglielmodi Francia ne parait pouvoir s’appliquer qu’à Guillaume de Machaullou Machau, qui, pourtant, ne fut pas moine comme le furent proba-blement Frate Barlliolino et Frate Andrea. On ne peut douter que DonDonato et Don Paolo Tenorisla ne fussent d’extraction noble; enfin laqualité de maître ( maestro ) donnée à Jacopo de Bologne et à Jean deFlorence prouve qu’ils étaient professeurs, soit dans le lieu de leurnaissance, soit dans quelque autre ville d’Italie.