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Tome cinquième.
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HISTOIRE GÉNÉRALE

manuscrit de la ville de Dijon et qui a été publiée par M. l’abbéMorelot (1), révèle une circonstance de sa vie qui était inconnue, àsavoir qu’il avait été soldat avant de devenir prêtre et chantre : cartout chantre était prêtre et tout compositeur était chantre. Voici lepassage de la complainte :

En sa jeunesse il fut soudartD'honorable mondanité,

Puis a eslu la meilleur part,

Servant Dieu en humilité.

Les compositions de Bincliois ont été longtemps inconnues et l’onétait persuadé qu’elles étaient à jamais perdues; ce n’est que dansces derniers temps qu’on a retrouvé plusieurs de ses motets et de seschansons à trois et à quatre voix dans des manuscrits du Vatican etde Modène. Kiesewetter a traduit une de ses chansons en notationmoderne ; il en a fait quelque chose de boiteux, tant pour la mesureque pour le rhythme. Il est regrettable qu’on n’en ait pas la notationoriginale. Le second couplet de cette chanson fournit un renseigne-ment sur les rapports personnels de Binchois et de Dufay : on yvoit qu’une affection mutuelle les unissait. Voici ce couplet :

Plus conques chacun soit curieux

De bien servir sa maîtresse jolieCe moys de May,

Car la saison se monstrant amoureux.

A ce faire pourtant ne faisons mye ;

Carissime Dufay, vous en prie,

Et Périnet oira de mieux en mieuxCe moys de May.

Pour des prêtres, cela est assez gaillard ; mais les paroles d’une deschansons de Dufay prouvent qu’il pouvait entendre ce langage.

La découverte de l’œuvre la plus importante de Binchois, connuejusqu’à ce jour, est une messe entière à trois voix dont le Kyrie estfarci. Nous l’avons trouvée dans le recueil du quinzième siècle pro-venant de la chapelle des ducs de Bourgogne et que possède la Biblio-thèque royale de Bruxelles. L’harmonie de Binchois a toute la pu-

( 1 ) De la Musique au XP* siècle; notice sur un manuscrit de la Bibliothèque de Dijon,Appendice , 111 .